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Le comte Lanza vous salue bien
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6 octobre 2016

L'AFRIQUE DU SUD ET LES TRADITIONS IMPORTEES CINQUIEME PARTIE

 

 

L'AFRIQUE DU SUD ET LES TRADITIONS IMPORTEES

 

CINQUIEME PARTIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CRICKET, HUNTING AND RACING 

CRICKET, CHASSE ET COURSES DE CHEVAUX

 

 

 

 

 

Certaines activités sportives relèvent aussi des traditions importées.

Certes le football ou le rugby n’ont pas été inventés en Afrique, mais comme ils sont pratiqués dans toute la planète, on peut considérer qu’ils relèvent maintenant d’activités universelles plus que de ce que nous appelons « traditions importées ».

Il en est de même du golf.

En ce qui concerne le cricket, inventé en Angleterre, il n'a pas conquis l'ensemble de la planète et reste pratiqué essentiellement dans les pays  du Commonwealth : il est donc présent en Afrique du Sud, aussi bien au niveau scolaire qu'au niveau des équipes provinciales ou nationales : le 16 octobre 2016, par exemple, a lieu le match de l'équipe du KwaZulu-Natal contre l'équipe du Gauteng, tandis que l'équipe nationale, surnommée les Proteas (d'après le nom de la fleur nationale d'Afrique du Sud, le king proteas) affrontait l'Austalie en match ODI (One-day international, une classification du cricket) le 12 octobre 2016. Et bien entendu les passionnés suivent les matches des autres pays engagés  dans les compétitions internationales, comme le 1er test match Pakistan contre West Indies ( Caraïbes) le 13 octobre 2016, tandis que le 16 octobre, l'Inde affronte la Nouvelle-Zélande en match ODI et le même jour, l'Angleterre affronte les West Indies .

 

 

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Wynberg Boys' High School; terrain de cricket. Site de l'école.

http://www.wbhs.org.za/explore/sport/cricket/


 

D’autres activités gardent encore plus clairement la marque de leur pays d’origine.

C’est ainsi qu’il existe un petit nombre de Sud-Africains (un très petit nombre pour dire vrai !) qui pratiquent la chasse à courre dans la tradition britannique.

En fait, comme il n’existe pas d’animal qu’on pourrait chasser de cette façon, et notamment pas de renard (mais on aurait pu penser que les chasseurs avaient introduit un gibier correspondant aux usages de la métropole, renard ou lièvre ?), il semble plutôt s'agir d’une fausse chasse où les cavaliers et les chiens suivent les traces d’un cavalier qui porte un linge imbibé…d’urine de chacal !

Même si la plupart des chasseurs sont Blancs, quelques Noirs dont un champion d’équitation pratiquent cette activité. Des enfants venus du township de Soweto et montrant de bonnes dispositions pour l’équitation, peuvent aussi y être invités.

 

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 Chasse à courre (drag hunt) en Afrique du Sud.

 http://www.bbc.com/news/world-africa-19994483

 

 

 

 

Il en est de même des courses de chevaux (à la fois sport et jeu d’argent). Certes elles sont maintenant une pratique universelle ou peu s’en faut, mais celles qui se pratiquent en Afrique du Sud conservent aussi quelques caractéristiques des usages britanniques dans la mesure où les spectateurs (ou certains d’entre eux) profitent de l’occasion pour s’habiller avec élégance – et même dans certains cas avec extravagance.

 

A chaque fois, une partie des spectateurs vient assister aux courses pour se montrer et s’amuser ensemble plus que vraiment regarder les courses, et les épreuves sportives se doublent de manifestations mondaines ou de présentation de mode.

Selon les cas, le chic de bon goût, le style tape-à-l’œil (disons bling-bling) ou l’excentricité la plus totale sont au rendez-vous. Les Blancs et les Noirs ou les Coloured peuvent ici rivaliser dans le domaine du paraître, bien qu'on soit loin du style formaliste adopté par les spectateurs à Ascot ou Epsom.

 

Evidemment les Noirs (ou même les Blancs) qui brillent aux courses n’appartiennent pas aux franges les plus modestes de la population.

 Ils appartiennent le plus souvent à la classe aisée multiraciale, groupant des riches et des très riches, qui s’est développée depuis la fin de l’apartheid et qui ne représente qu’un faible pourcentage de la population. Entre ces privilégiés et le reste de la population (la masse des Noirs et même les Blancs pauvres), l’écart s’accroit. 

 Les pemières courses en Afrique du Sud remontent semble-t-il à 1797 et la première compétition officielle à1802.

Les 3 compétitions les plus importantes sont :

The Summer Cup (la Coupe d'été) à Turffontein, Johannesburg;

La Coupe J&B (J&B Met), patronnée par la célèbre marque de whisky, qui a lieu au Cap;

La Vodacom July, à Durban (Coupe de Juillet Vodacom).

 

Parmi les courses réputées, on peut aussi citer The L’Ormarin's Queen’s plate (la coupe de la reine L’Ormarin, sponsorisée par la maison de producteurs de vins L'Ormarin *), crée il y a plus de 125 ans (d'où son nom, en l'honneur à l'époque de la reine Victoria), qui se tient en janvier au Cap. Il est de règle d’y venir habillé en bleu et blanc et le public est plus chic qu’extravagant.

Pour la coupe J&B, les spectateurs sont nettement plus fantaisistes dans leurs tenues.

                                                                               * Le nom semble venir de Lourmarin (Vaucluse), dont étaient originaires les créateurs de l'exploitation viticole, des Protestants qui avaient immigré d'abord aux Pays-Bas puis en Afrique du Sud à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV.

 

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 L'Ormarin's Queen's Plate, janvier 2016

https://twitter.com/lqpct

 

 

 

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 L'Ormarin's Queen's Plate, 2014, capture d'écran You Tube

 

 

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 J&B Met 2010, hippodrome Kenilworth, Le Cap. Pas besoin d'être écossais pour porter le kilt.

https://livnews.files.wordpress.com/2011/01/fashion-show-at-the-2010-jb-met-in-cape-town-south-africa.jpg

 

 

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J&B Met 2016, hippodrome Kenilworth, Le Cap.

http://connect.citizen.co.za/42973/who-wore-what-at-the-jnb-met/

 

 

 

 

 

 

LES TRADITIONS DES AFRIKANERS

 

 

 

 

Les descendants des Boers, ces colons d’origine néerlandaise, rejoints au fil du temps par des familles de huguenots français et des familles allemandes, pour former la population afrikaner,  ont également leurs traditions.

La population blanche d'Afrique du Sud comprend donc les descendants des Boers, les descendants des colons britanniques, anglophones, et une petite population de langue portugaise (sans parler de quelques familles d'origine grecque). Seuls les descendants des Boers d'origine néerlandaise et des protestants français* ou allemands sont des Afrikaners. 

                                                                   * Le fondateur du régime de l'apartheid, le Dr Malan (docteur en théologie), premier ministre d'Afrique du sud après la seconde guerre mondiale, descendait de huguenots français originaires de Lourmarin (Vaucluse), qui avaient quitté la France au moment de la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV. 

 

Une distinction doit sans doute être faite entre les Boers (à proprement parler, les colons ayant peuplé les républiques indépendantes du Transvaal et d’Orange au 19ème siècle) et les Afrikaners, terme plus vaste qui désigne toute la population blanche actuelle d’origine néerlandaise ou assimilée (français, allemands), ayant pour langue maternelle l’afrikaans. Or une grande partie des Afrikaners est restée dans les zones passées sous souveraineté britannique au 19ème siècle (colonie du Cap et Natal) et s’est donc rapprochée des façons de vivre des Britanniques, notamment dans les grandes villes.

 Le mot Boer veut dire paysan, et les vraies traditions Boers se sont maintenues plus vigoureusement dans les campagnes, et notamment dans les régions qui ont constitué autrefois les républiques boers indépendantes.

Ces traditions (costumes, danses, chansons, habitudes culinaires) évoquent la vie rude des pionniers du 19ème siècle dans les campagnes et forment une culture dans laquelle la pratique religieuse d’un protestantisme rigoriste a été longtemps importante (mais qu’en est-il aujourd’hui  de l’aspect religieux ?).

Il arrive que les descendants des Boers revêtent des tenues du 19ème siècle (pour les femmes, robes campagnardes et souvent bonnets ou chapeaux à brides – plus rarement des tenues folkloriques évoquant les Pays-Bas), ou des tenues de bal de style ancien pour danser la danse traditionnelle, le Volkspele.

Sinon, ils revêtent des tenues assez proches de celles des cow-boys de l’Ouest américain.

 

 

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 Jeunes filles en tenue du 19ème siècle au Nasionale Vrouemonument (Monument national aux femmes) de Bloemfontein qui commémore les femmes et les enfants Boers morts dans les camps de concentration britanniques durant la guerre des Boers (voir annexe).

http://www.bloemfonteincourant.co.za/eeufeesvieringe-by-vrouemonument-beloof-kontemporere-blik/

 

 

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Groupe de danseurs traditionnels de Volkspele au château du Cap.

Le Volkspele (littéralement jeu ou danse populaire) est la danse traditionnelle des Afrikaners, même si elle provient de Suède.

http://www.panoramio.com/photo/9467693, photo par Roché Petersen

 

 

 

 

Volkspele

Danseurs de Volkspele

http://i0.wp.com/www.koerant.co.za/wp-content/uploads/2014/12/Volkspele.jpg

 

 

Au rebours des traditions britanniques, qui ont conquis une partie de la population non-britannique – aussi bien les Afrikaners que les Noirs et Coloured, par leur côté prestigieux qui satisfait une tendance permanente à l’ostentation, au chic et au snobisme, les traditions des Boers, plus modestes et plus familiales, sont restées dans le cercle des seuls descendants des Boers, lorsqu’elles sont encore pratiquées.

 

Plus largement, il existe une culture afrikaner moderne qui se manifeste notamment par des chanteurs au style assez comparables à celui de la musique country américaine (qui peut aussi se rapprocher de la variété selon les cas) ou par des chanteurs rock

La culture afrikaner est inséparable de la langue des Afrikaners (mais pas seulement des Afrikaners), l'afrikaans.

La grande culture est représentée par des écrivains qui ont atteint la renommée mondiale, comme André Brink et  Breyten Breytenbach, qui écrivent en afrikaans, tandis que J. M. Coetzee, prix Nobel de littérature, bien qu'Afrikaner, a écrit son oeuvre en anglais.

 

 

 

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 Le Vortrekker Monument, à l'entrée sud de Pretoria, monument dédié aux pionners du Grand Trek, est un symbole du peuple afrikaner.

Commencé en 1937, il fut inauguré en 1949 devant 150 000 personnes et le gouvernement du Dr Malan, nouveau Premier ministre,  au complet, en présence de l'ancien Premier ministre, le général Smuts (voir photo de l'inauguration dans notre première partie).

Cet immense monument contient une crypte avec un cénotaphe en mémoire des Boers qui ont construit le pays, avec l'inscription Ons vir Jou, Suid-Afrika, Nous pour toi, Afrique du Sud. La crypte est ornée des drapeaux des anciennes républiques boers. Tous les ans le 16 décembre, le soleil éclaire l'inscription - pour le jour anniversaire de la bataille de Blood River gagnée en 1838 par les Boers contre les Zoulous.

 http://rekordcenturion.co.za/55897/voortrekker-monument-in-financial-crisis/

 

 

 

L'AFRIKAANS

 

 

 

L'afrikaans est essentiellement une langue dérivé du néerlandais. Elle a adopté quelques mots d'autres langues européennes ou indigènes à l'Afrique (allemand, portugais, bantou, khoisa malais - ce dernier présent dans la région du Cap).

L'afrikaans et le néerlandais sont largement inrercompréhensibles (le locuteur de l'une comprend le locuteur de l'autre).

 Il existe environ 7 millions de personnes parlant l'afrikaans comme langue maternelle en Afrique du Sud, soit 13, 5% de la population.C'est la langue majoritaire des provinces du Cap du nord et du Cap de l'Ouest.

 C'est la langue majoritaire des coloured (à 75%) soit 3,4 millions de locuteurs, suivis par les Afrikaners (2,6 millions de personnes , soit 60,8% des Sud-africains blancs. Elle est aussi parlée comme première langue par des Asiatiques  (58 000) et même par 600 000 Noirs (1,5% de la population noire) (Wikipedia anglais, article Afrikaans).

L'usage de l'afrikaans au-delà de la population afrikaner lui assure de perdurer malgré l'attractivité de l'anglais.L'afrikaans, loin de décliner, se dévelope grâce aux journaux, aux programmmes radio et de télévision et maintenant internet.

  Un sondage sud-africain de 2011  montre un nombre total de locuteurs en hausse dans les 9 provinces de 1 million par rapport à la décennie précédente.

 

 Il est amusant de savoir que des sociétés néerlandaises et belges (flamandes) ont délocalisé en Afrique du Sud leur plates-formes téléphoniques, dès lors que les Afrikaners sont capables avec assez de facilité d'apprendre le néerlandais standard.

  Le développement de l'afrikaans sert de support au renouveau de la culture afrikaner comme on le verra.

 

 

 

 

 UNE CHANSON EMBLEMATIQUE : SARIE MARAIS

 

 

 

 

Parmi les chansons les plus célèbres de la culture afrikaner, figure Sarie Marais. Cette chanson date du début du 20ème siècle (il a pu exister une version plus ancienne et elle semble trouver son origine dans une chanson américaine datant de la guerre de Sécession). Elle évoque un prisonnier boer dans les camps britanniques qui pense avec nostalgie à son cher Transvaal et à son épouse ou fiancée restée là-bas, nommée Sarie Marais, réunissant dans le même amour son pays et sa femme.

My Sarie Marais is so ver van my hart,

Maar'k hoop om haar weer te sien.

Sy het in die wyk van die Mooirivier gewoon,

Nog voor die oorlog het begin.

Refrain:

O bring my t'rug na die ou Transvaal,

Daar waar my Sarie woon.

Daar onder in die mielies

By die groen doringboom,

Daar woon my Sarie Marais.

etc

 

Ma Sarie Marais est si loin de mon cœur;

Il me tarde de la voir à nouveau.

Elle vivait dans la région de Mooirivier ("Belle-Rivière")

Bien avant que la guerre n’éclate.

Refrain:

O ramène-moi vers mon vieux Transvaal,

Là où vit Sarie,

Là, parmi les maïs

Et les verts épineux,

Là où vit ma Sarie Marais.

(texte et traduction Wikipedia article Sarie Marais)

 

La chanson aurait été inspirée à l’auteur, Jacobus Toerien, par son épouse Sarie,  dimininutif de Susara, qui s’appelait d'ailleurs Maré et non Marais ; on cite aussi une autre origine pour la chanson et le personnage qui l’a inspiré.

Il est un peu ironique que la chanson ait été adoptée comme chant de marche par les commandos des Royal Marines britanniques (où elle perd d'ailleurs l'essentiel de sa mélodie nostalgique). On la trouve aussi dans des chants de l'armée française, sans grand rapport musical avec la chanson d'origine et des paroles sans référence à l'Afrique du Sud. 

Le succès de cette chanson, sans doute la plus emblématique de la culture afrikaner, illustre bien deux sentiments forts de cette culture : la fusion avec la terre africaine (notamment le veld, la prairie) et le sentiment d’une existence difficile et contrariée, puisque c’est la chanson d’un prisonnier, d’un vaincu, qui résiste à l’adversité par l’amour de sa terre et de sa femme.

 

En 1931, Sarie Marais est le titre du premier film parlant afrikaans.  Ses personnages sont un groupe de prisonniers boers internés dans un camp britannique durant la Seconde Guerre des Boers. L'un des prisonniers chante la chanson en signe d'espoir.

En 1949 un magazine en afrikaans destiné aux femmes est lancé sous le titre Sarie Marais. La première couverture montre un jeune femme moderne avec en surimpression, une jeune femme de l'époque des Boers en bonnet.

Plus tard le titre se simplifiera en Sarie. C'est aujourd'hui le mensuel féminin leader en Afrique du Sud.

 

 

 

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 1er numéro du magazine Sarie Marais, 1949.

http://www.sarie.com/bekendes/het-jy-gehoor-bekendes/10-sarie-feite-het-jy-geweet/

 

 

 

 

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 Couverture du magazine Sarie, 2016.

http://www.media24.com/magazines/sarie/

 

 

 

 

RENAISSANCE DE LA CULTURE AFRIKANER ?

 

 

La culture afrikaner connait aujourd'hui une forme de renouveau, inséparable de la langue afrikaans.

Nous prenons ici le mot culture dans un sens large, y compris les médias et les productions destinées au grand public.

 Le magazine généraliste  familial Huisgenoot a la plus forte audience dans le pays. Depuis 1999 il existe une chaîne télé payante en afrikaans,KykNet , une chaîne muscale en afrikaans, MK (Musiek kanaal).

Au début des années 2010, l'industrie cinématographique relaie le renouveau de l'afrikaans : 40 % des productions sud-africaines sont des productions afrikaners le plus souvent tournées en afrikaans.

" En 2012-2013, le cinéma afrikaner affiche ainsi le record de 17 films sortis en salle, des films qui sont pour la plupart des œuvres de divertissement. Ce sursaut provient notamment de la fréquentation importante des salles de cinéma par les Afrikaners, concomitamment au développement de la télévision privée en afrikaans sous la tutelle d’institutions dotées comme DStv.com" (Wikipedia).

En 2016, il y a 16 films en afrikaans sortis et l'année n'est pas finie (Wikipedia, List of Afrikaans-language films).

Beaucoup des films en afrikaans sont des "teen-comedies" (comédies pour teen-agers, comme Bakgat, 2008, qui se déroule dans une High School blanche) ou des comedies familiales ou romantiques, parfois des films musicaux. Il ya aussi des thrillers et des films plus ambitieux sur l'histoire nationale comme Modder en Bloed (en anglais, Blood and Glory, 2016) qui évoque la vie des prisonniers Boers sur l'île de Sainte Hélène durant la guerre des Boers, avec un parti pris de dénigrement du comportement des Anglais.

 Les relations inter-raciales sont envisagées dans Free State, 2016, qui se déroule dans les années 1970, et met en scène une jeune blanche amoureuse d'un Indien.

 Dans Platteland (2011) un film musical, interprété par des chanteurs de rock/country reconnus (Bok Van Blerk, Steve Hofmayr, Liana May, voir plus loin), l’action se passe dans une zone rurale (Platteland signifie campagne); le film est un thriller avec une histoire d'amour mais il évoque le fait que les parents de l'héroïne, une jeune femme afrikaner qui dirige seule une ferme, ont été assassinés (une situation expérimentée par les familles de paysans afrikaners  qui disent être la cible d’attaques  visant particulièrement les Blancs).

 

Le plus souvent les films se déroulent dans un milieu exclusivement blanc. Les relations sont parfois évoquées entre différentes communautés blanches, ainsi dans Konfetti, une comédie où un Afrikaner va épouser une Juive; ou bien les Noirs apparaissent  dans des rôles secondaires et amusants comme menant la même existence petit-bourgeoise que les Blancs (Hoffmeisie).

 Ce cinéma peu politisé essuie des critiques des intellectuels (surtout hors d'Afrique du Sud) et même se voit accuser de triompher grâce à la puissance économique des Afrikaners  (voir un article de RFI Afrique, qui fait l'éloge d'un film ...français très noir se déroulant en Afrique du Sud http://www.rfi.fr/afrique/20130604-afrique-sud-dechire-cinema-apartheid-zulu-jerome-salle).

Il est au contraire revendiqué avec fierté par les Afrikaners qui se souviennent qu'il y a une quinzaine d'années le cinéma afrikaner (ou en afrikaans) avait presque disparu.

 Ainsi une productrice   Anel Alexander, dit : "Les Afrikaners sont fatigués de se voir sous les traits de l'imbécile de base et ils veulent comme dans Semi-Soet, des héros classe, sexy, maniant l'humour avec finesse et inspirants". [Semi-Soet, demi-doux, est une comédie romantique dans les milieux de la publicité et de la production viticole de prestige] (https://www.rtbf.be/culture/cinema/detail_amour-rire-et-beaute-la-recette-gagnante-du-cinema-afrikaner?id=8002406) 

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 Affiche de Hoofmeisie, film en afrikaans de 2011. C'est une comédie dans le cadre scolaire : une élève cherche à se faire désigner comme hoofmeisie, chef de classe, suscitant des jalousies et des incidents comiques.

 

 

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 Konfetti, comédie romantique, 2014. Un Afrikaner s'apprête à épouser une Juive. Le meilleur ami des fiancés est chargé de veiller à ce que le mariage se déroule bien, mais il multiplie les gaffes.

https://artscomments.wordpress.com/2014/04/12/k-is-for-konfetti-afrikaans-movie-a-z-challenge-april-2014/

 

 

 

FIERTE NATIONALE

 

 

La renaissance de la musique populaire afrikaner à la fin des années 1990 a permis de redonner vigueur à la langue, surtout dans les jeunes générations qui auraient pu être tentées par l'anglicisation.

 Les Blancs afrikaners ont recommencé à partir de cette époque à être appelés en langage courant "Les Boers" (en anglais "The Boere"). Les termes "boerseun" (garçon de la ferme) et  "boeremeisie" (fille de la ferme) devinrent populaires chez les jeunes Afrikaners pour exprimer leur fierté nationale, même s'ils n'ont pas réellement grandi dans une ferme (article Afrikaners, Wikipedia anglais).

 

En 2006, un chanteur rock afrikaner Bok van Blerk obtint un grand succès avec une chanson (composée par Sean Else et Johan Vorster) et un clip associé consacrés au général Koos De La Rey (on trouve aussi l'orthographe de la Rey) : ce général boer, d’abord opposé à la guerre, combattit en héros les Britanniques pendant la guerre de 1899-1902, se distinguant par des opérations de guérilla mais aussi par son comportement chevaleresque envers les ennemis.

En 1914, lors de la déclaration de guerre, il se prononça contre la participation de l’Afrique du Sud (pourtant dirigée par ses anciens compagnons d’armes, les généraux boers Botha et Smuts) à la guerre contre l’Allemagne aux côtés de l’Empire britannique. Alors qu’il était en voiture avec d’autres opposants, la voiture refusa de s’arrêter à un contrôle de police. La police ouvrit le feu et De La Rey fut tué.

L’idée dominante de la chanson était que les Afrikaners du début du 21ème siècle avaient besoin d’un nouveau leader charismatique pour les défendre, comme l’avait été De La Rey.

Lors des concerts, le public reprenait avec ferveur le refrain :

 

De La Rey, De La Rey

sal jy die Boere kom lei?   

De La Rey, De La Rey   

Generaal, generaal   

soos een man, sal ons om jou val  

Generaal De La Rey  

 

 

De la Rey, De la Rey,

Viendras-tu commander les Boers ?

De La Rey, De La Rey

Général, général,

Comme un seul homme

Nous tomberons autour de toi

Général De La Rey !

 

 (en afrikaans, le nom est prononcé : Dé La Rey)

 

Mais le choix du héros peut aussi révéler les fragilités des Afrikaners : le destin de De La Rey fut aussi celui d’un vaincu, tué malencontreusement par la police de son pays et incapable d’empêcher une évolution qu’il désapprouvait.

La chanson fit bien sûr polémique, certains y voyant le retour du nationalisme boer et l’apologie indirecte de la domination blanche.

Mais même le président Zuma déclara : De La Rey est un de nos plus grands généraux. Si ce ne sont pas les Sud-africains qui le disent, qui le fera à leur place ?

La chanson fut considérée comme un élément de la reconstruction de l’identité afrikaner.

 

Bok Van Blerk rejeta les accusations d'être nostalgique de l'ancienne Afrique du Sud.  Il enregistra d'autres disques dont Afrikanerhart qui évoque aussi la guerre des Boers . Il a tourné dans des films (thrillers, comédies musicales) avec d'autres figures de la chanson afrikaans comme Liana May et Steve Hofmeyr (Platteland) et dans Modder en Bloed (voir ci-dessus) en 2016.

 

 

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 Le chanteur Bok Van Blerk. Publicité pour un de ses albums, Sing Afrikaner Sing, 2015.

 

 

Steve Hofmeyr est un chanteur, compositeur et présentateur télé très engagé dans la défense du peuple afrikaner.  Il soutient un mouvement pour l'auto-détermination des Afrikaners et lors de ses concerts, il chante volontiers l'ancien hymne sud-africain en vigueur avant la démocratisation, Die Stem van Suid-Afrika. En 2010 il n'hésita pas à être présent aux funérailles d'Eugène Terre Blanche, leader d'un mouvement blanc d'extrême-droite qui eut son heure de gloire, avant  que Terre Blanche soit condamné à de la prison (il fut assassiné peu de temps après sa sortie de prison par ses employés noirs pour des raisons encore assez obscures). Hofmeyr est accusé par ses détracteurs d'être un nostalgique de la suprématie blanche et de dénier le caractère injuste et raciste de l'apartheid.

Il existe bien d'autres chanteurs afrikaners dans tous les genres musicaux.

 

 

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Boeremeisie, disque de Lianie May, une très jolie chanteuse afrikaner.

Boeremeisie désigne en langage courant une jeune fille typiquement afrikaner, étymologiquement une fille de la ferme.

http://ucoza.com/afrikaans-cds-new/1951-lianie-may-boeremeisie-south-african-afrikaans-cd-mzcd09-new.html

 

 

 

 

 

 

INQUIETUDES DES AFRIKANERS

 

 

 

Il est probable que beaucoup des chanteurs qui appartiennent à ce renouveau expriment d'une manière ou d'une autre un sentiment lancinant particulier à la culture afrikaner, la crainte que cette culture disparaisse et même la crainte que le peuple afrikaner disparaisse.

La  population afrikaner représente 60,8  % de la population blanche d’Afrique du Sud, soit environ 2,6 millions de personnes sur environ 4, 2 millions de Blancs. Malgré cette relative importance numérique (à comparer toutefois avec le pourcentage de la population noire, environ 80 % de la population totale d’Afrique du Sud), les Afrikaners ont l’impression de se trouver placés entre deux menaces :

 

-          l’une culturelle, qui est la dilution dans la culture anglo-saxonne : en effet, 85% de la population totale, Noirs, Blancs et Coloured,  parlent anglais soit comme langue maternelle soit comme langue de communication (dont dont une partie des Afrikaners eux-mêmes); dans un pays où il existe 11 langues officielles, l'anglais a vocation à être la langue de communcation. Elle est de plus, en pratique, la langue de l'administration. Enfin, l'impact de l'anglais, langue de la culture planétaire, dépasse évidemment celui de l'afrikaans.

-          l’autre, plus vitale, qui est l’inquiétude sous-jacente depuis la fin de l’apartheid d’être un jour submergés par la majorité noire (crainte qui peut aussi être partagée par la population d’origine britannique).

 

Cette dernière crainte est entretenue par des mesures symboliques comme les remplacements de noms afrikaans par des noms africains, par les destructions de monuments à la mémoire des pionniers boers (et plus largement des colonisateurs) par certaines franges extrémistes noires (destructions désapprouvées par le gouvernement) ou par les effets de la discrimination positive en faveur des Noirs – très mal acceptée par les Blancs pauvres, le plus souvent Afrikaners des zones rurales,  confrontés au chômage et au déclassement.

Cette crainte est aussi entretenue par des actes de violence qui ne sont pas du tout imaginaires.

Dans les villes, la criminalité violente frappe toutes les composantes de la population et les résidences sécurisées des riches ne sont pas toujours une protection.

Mais dans les zones rurales, les descendants des Boers prétendent être victimes de violences délibérées commises par les Noirs  ou d’une criminalité qui prend un caractère extrêmement brutal quand elle a des Blancs comme cible.

Des centaines de morts dans la population afrikaner seraient depuis des années les victimes de cette violence qui a des aspects de haine raciale.

Le gouvernement déclare de son côté qu’il s’agit de criminalité pure et simple et non de violence raciale, et que la violence frappe aussi des Noirs, mais ce sujet est très sensible en Afrique du Sud.

Le gouvernement ne semble pas toujours prendre la défense des Afrikaners ou pas assez selon eux.

A l'époque où il faisait encore partie de l'ANC, et dirigait son puissant mouvement de jeunesse, dans les années 2000, Julius Malema chantait volontiers dans les congrès une des chansons de guerre de l'époque de la lutte contre l’apartheid, Dubula ibhunu, qui dit  Kill the Boers, kill the farmers (Tuez les Boers, tuez les fermiers).

Les associations afrikaners l'attaquèrent en justice pour expression raciste tandis que l'ANC défendait la chanson en raison de son aspect historique en expliquant qu'elle attaquait un système, non des invididus ou une race.

" La chanson sera déclarée contraire à la Constitution par la justice sud-africaine en mars 2010 sans pour autant que Malema accepte le jugement. L'ANC annonce alors qu'elle fera appel de ce jugement." (Wikipedia)

Depuis Malema a été exclu de l'ANC en 2012 et a fondé son propre mouvement des Economic Freedom Fighters. Ses élus au Parlement siègent avec des vêtements de travail et des casques de chantier rouges, pour affirmer à la fois leur origine prolétarienne et leurs convictions de gauche. Malema affirme que Mandela et ses successeurs ont laissé aux Blancs leur position dominante et il réclame la redistribution des terres et l'africanisation plus complète de l'Afrique du Sud (dont même le nom devrait être changé en Azanie), notamment en éliminant les noms de lieux étrangers (anglais ou surtout afrikaans); il appelle à détruire les monuments datant de l'époque de la domination blanche, qu'elle soit britannique ou afrikaner.

 Enfin les Afrikaners continuent à développer un sentiment de méfiance envers les Sud-africains d'origine britannique, perçus parfois  comme des intellectuels "de gauche" qui sont par principe hostiles au peuple afrikaner et toujours prêts à s'excuser pour le passé colonial.

 

Des écrivains célèbres, engagés contre l’apartheid, comme André Brink et Breyten Breytenbach, sont intervenus pour condamner la politique gouvernementale tendant à remplacer les noms afrikaans par des noms africains et pour demander que l’afrikaans soit mieux protégé.

 

En mai 2008, le parti politique qui représente les Afrikaners , le Front de la Liberté, " réussit un coup d'éclat en parvenant à faire intégrer les Afrikaners, en tant que minorité nationale, au sein de l'Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO), siégeant à Bruxelles. L'objet de l'UNPO est la lutte pour les droits des minorités par le biais du lobbying auprès des Nations unies et de l'Union européenne. Les Afrikaners siègent dans cette organisation aux côtés de 70 autres minorités nationales dont les Aborigènes d'Australie, les Maasaï du Kenya et de Tanzanie ainsi que les Tibétains" (Wikipedia).

Le Front de la Liberté a toujours dans son programme la réalisation d'un état autonome pour les Afrikaners (Volkstaat) mais a mis en veilleuse cet aspect de son programme pour une défense culturelle du peuple afrikaner et de l'afrikaans.

Paradoxalement, mais de façon assez caractéristique de la capacité des Afrikaners à s'adapter et à survivre, le leader du Front de la Liberté, Pieter Mulder, a été ministre du gouvernement de la majorité noire (ANC) de Jacob Zuma entre 2009 et 2014.

 

 

 

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Elèves de l'école Meisieskool Oranje en pélerinage annuel au Vrouemonument de Bloemfontein, pour l'anniversaire de l'école.

Le  Nasionale Vrouemonument (Monument national aux femmes) commémore les femmes et les enfants Boers qui sont morts dans les camps de concentration britanniques durant la guerre des Boers (voir annexe ci-dessous).

La Meisieskool Oranje est une école de filles de langue afrikaans à Bloemfontein  (Etat libre, anciennement d'Orange); elle accueille principalement mais non uniquement des Afrikaners. 

http://www.oranjemeisies.co.za/hs/

 

 

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PROSPECTIVES SUR LA POPULATION BLANCHE

 

 

 

La place faite à la population blanche en Afrique du Sud reste prépondérante puisqu’on dit que cette population, qui représente 10% de la population totale, possède 80% des richesses. Mais cette population est-elle-même diversifiée, depuis le Blanc pauvre jusqu’au milliardaire.

On dit également que le revenu moyen des Blancs est 6 fois supérieur au revenu moyen des Noirs – qui lui-même est très faible. Les Blancs qui gagnent 6 fois un revenu très faible ne sont sans doute pas des riches à l’arrivée, sinon comparativement à la masse de la population noire.

 

Depuis la fin de l’apartheid, 1 million de Blancs sud-africains (Afrikaners ou d’origine britannique) auraient quitté le pays, pour s’établir en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou parfois dans des pays frontaliers mais plus sûrs comme le Mozambique ou l’Angola. Parmi ces expatriés, le grand écrivain J. M. Coetzee, Prix Nobel, qui a acquis la nationalité australienne.

 

La cause principale de cette émigration est la très forte criminalité qui est un danger pour toute la population sud-africaine. De plus, les Blancs pensent être spécialement visés par la violence, en tant que Blancs, dans les zones rurales.

S’y ajoute la crainte que le régime sud-africain fondé depuis Mandela sur une forme de compromis avec la minorité blanche (vous acceptez la démocratie et nous protégeons votre situation sociale), ne soit débordé par les extrémistes noirs, avec la perspective de mesures de confiscation économique, mais aussi d’explosions de violence.

Mais il semble que beaucoup d’expatriés soient ensuite rentrés en Afrique du Sud, ne parvenant pas à s’insérer économiquement dans un environnement nouveau ou nostalgique du pays natal ou les deux à la fois.

 

Dans la population sud-africaine blanche, il y aurait 220 000 personnes ayant la nationalité britannique (probablement double nationaux) ; ces personnes pourraient toujours en cas de nécessité, trouver refuge en Grande-Bretagne.

 

Dans les pays occidentaux européens, par exemple en France, les laissés-pour-compte, surtout chez les jeunes, existent mais sont une minorité qui ne déstabilise pas le pays et même qu’on peut faire semblant d’ignorer. En Afrique du Sud ils sont une grande partie de la population et il est difficile de les ignorer. Or la délinquance violente provient majoritairement de ces jeunes déshérités.

Meurtres, viols (souvent suivis de meurtres) et vols avec violence sont une réalité quotidienne en Afrique du Sud.

 En 2016, la police a fait état de  18.673 meurtres  entre avril 2015 et mars 2016. " Sur quatre ans, le nombre d’homicides en Afrique du Sud a augmenté de 20%. «Nous avons affaire à un énorme problème sociétal», a souligné le ministre de la Police, Nathi Nhleko, lors d’une conférence de presse au Cap." (http://www.agenceafrique.com/8304-taux-de-criminalite-hausse-de-49-afrique-sud.html  )

 " En tête des provinces les plus dangereuses on retrouve le Natal (3929 meurtres) qui abrite la ville de Durban, suivi de près par le Gauteng (3842), région de Pretoria, et le Cap Occidental (3649). Ces trois provinces, sur les neuf que compte l’Afrique du Sud, concentrent à elles seules plus de la moitié des homicides du pays. Seules les région du Cap oriental et de Free State connaissent des chiffres en baisse." (http://www.jeuneafrique.com/354289/politique/afrique-sud-homicide-commis-toutes-demi-heures/ )

Quant aux violences sexuelles, énorme problème de l'Afrique du Sud, elles étaient un peu en baisse : 51 895 cas déclarés contre 53 617 pour la période avril 2014-mars 2015, mais restent à un niveau effrayant.

Même les Sud-africains riches ou puissants ne sont jamais sûrs de ne pas être confrontés avec une délinquance qui arrive vite à la violence extrême.

La femme de l’ancien président de la république de Klerk fut assassinée chez elle.

 

L’affaire du meurtre de la fiancée du champion de course blanc Oskar Pistorius, qui déclarait à la justice – qui a refusé de le suivre sur point -  avoir tué sa fiancée par erreur, croyant à un cambriolage, alors qu’il habitait un quartier résidentiel sécurisé, illustre bien l’omniprésence de la violence puisque le scénario qu’il décrivait était plausible : tout le monde sait que les résidences sécurisées ne mettent pas toujours à l’abri ceux qui y résident des mauvaises surprises et qu’en cas de cambriolage, il vaut mieux tirer avant.

 

En effet, les cambriolages en Afrique du Sud, dégénèrent souvent en meurtres dans la mesure où les gens sont armés. Les cambrioleurs n’hésitent donc pas à tuer les gens chez qui ils s’introduisent avant que ceux-ci n’aient le temps de tirer sur eux.

Tous les Blancs n’ont  pas les moyens de vivre en résidence sécurisée. Même en ce cas, il faut bien en sortir pour aller à son travail, participer à des activités, même sécurisées, et courir des risques, sauf si on est un vrai milliardaire, escorté en permanence de gardes du corps.

 

Il existe sans doute des endroits plus tranquilles que d’autres, des petites villes à l’abri de trop de débordements.

Nous avons parlé de l’école privée la plus chère d’Afrique du Sud, Hilton College, située pourtant dans une des provinces les plus dangereuses (le Kwa-Zulu-Natal). Il est difficile de croire que cette école soit un îlot verdoyant environné par un océan de criminalité.

 

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Elèves de Hilton College, 2012.

http://jms-southafrica.blogspot.fr/2012/05/school-boys-rugby-3-hilton-vs.html#!/2012/05/school-boys-rugby-3-hilton-vs.html

 

 

Et les jeunes gens qui vont dans les bonnes écoles de petites villes ont une vie sociale, participent à des bals bien habillés et ne paraissent pas vivre pour autant dans un bunker.

 Il est probable qu’en s’abstenant d’aller dans certaines zones et en prenant des précautions élémentaires, la vie reste supportable, en tous cas pour ceux qui ont des moyens d’existence confortables.

 

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 Jeunes Sud-africains arrivant en voiture à cheval  à la soirée de Matric Farewell de leur classe.

 http://randburgsun.co.za/237969/matric-farewell-trinity/

 

 

La société arc-en-ciel voulue par Mandela remplira- t-elle ses promesses malgré les difficultés et surtout la très forte inégalité sociale, ou bien les Blancs ont-ils reculé pour mieux sauter ?

 

Personne ne peut prévoir l’avenir mais l’intégration de l’Afrique du Sud dans l’économie mondiale est surtout le fait des Blancs des grandes villes (Le Cap, Durban) ; celles-ci tendent à se rapprocher des grandes métropoles internationales malgré leur taux de criminalité inquiétant.

L’intégration à l’économie mondialisée semble garantir la durée de la domination de la minorité blanche, qui partage maintenant le pouvoir et les bénéfices économiques avec une minorité de privilégiés noirs et Coloured, créateurs, gens des médias, affairistes ou lawyers (professions juridiques).

Par contre le sort des Blancs pauvres dans les campagnes est sans doute bien plus compromis.

Ces dernières années, de nouveaux signes de tension sont apparus.

 En 2013, des membres d'un groupuscule afrikaner (Boeremag, force boer), auteurs d'attentats meurtriers à la bombe contre les Noirs et les Asiatiques, furent condamnés par la justice.

 Au début de 2016, des violences eurent lieu dans les universités, notamment celle de Pretoria :  " les étudiants noirs réclament la suppression de l'afrikaans comme langue d'enseignement, alors qu'une petite minorité (13 %) d'étudiants blancs se bat pour défendre ce qu'ils considèrent comme leur patrimoine culturel. Plusieurs face-à-face tendus ont eu lieu entre les étudiants affiliés au parti de gauche radicale Les Combattants de la liberté économique (EFF de Julius Malema) et les membres du lobby afrikaans Afriforum qui défend la culture afrikaner" ( Le Point http://afrique.lepoint.fr/actualites/afrique-du-sud-le-clivage-racial-a-son-comble-dans-les-universites-01-03-2016-2022038_2365.php  ).

Les heurts se poursuivent ensuite, pour d'autres motifs, à l'université du Free State et celle du Nord-Ouest, mais toujours sur la base des revendications des étudiants noirs qui estiment être défavorisés  par rapport aux étudiants blancs.

Pourtant, 72% des étudiants  sont Noirs, ce qui se rapproche du pourcentage total de la population noire (80%). Mais les difficultés pour payer les études et les débouchés au sortir de celles-ci alimentent le sentiment persistant d'inégalité : 10% seulement du personnel de direction des entreprises est Noir.

Pour certains, ces heurts sont orchestrés par le mouvement de Julius Malema.

L'Alliance démocratique, le premier parti d'opposition sud-africain, a décidé de porter plainte contre EFF pour incitation à la violence (Le Point, article cité)..

 

 

 

 

CONCLUSION

 

 

On a vu qu’il existait en Afrique du Sud de nombreuses traditions importées – on veut dire par là importées par les colonisateurs et dont on peut clairement retrouver l’origine dans le pays du colonisateur, comme les écoles de style britannique ou les régiments de tradition régionale britannique.

Ces traditions (si on veut leur donner ce nom un peu passe-partout) se distinguent pour cette raison des coutumes ou comportements répandus universellement dans la civilisation occidentale.

S’agissant des traditions des Boers, elles sont évidemment importées en Afrique (puisqu’elles concernent une population non-autochtone), mais elles se sont plutôt constituées localement, sur un substrat néerlandais et sont l’expression de la culture des Afrikaners, surtout rurale. A ce titre elles n’ont pas « débordé » sur d’autres populations et sont peu visibles, parfois en voie de disparition.

Cette situation n'empêche pas la culture afrikaner de connaître un renouveau dans divers domaines culturels comme on l'a vu, se référant volontiers à un passé rural un peu idéalisé, et grâce au vecteur linguistique de l'afrikaans, d'exister aussi chez la population non-afrikaner des Coloured.

Les traditions d’origine britannique ont quant à elles, étendu leur influence au-delà de la population d’origine britannique et perduré au-delà de la démocratisation de l’Afrique du Sud. Elles constituent pour beaucoup de Sud-africains de toutes origines une forme (à côté d’autres) de comportements et de valeurs respectés, en raison probablement de leur aspect exclusif qui provoque inévitablement le désir d’avoir accès à ce qui était, au départ, réservé à quelques uns.

Un Sud-africain noir qui a très bien réussi sera fier d’être officier d’un régiment de réserve de tradition écossaise, d’envoyer ses enfants dans une école privée qui a un style imité d’Eton ou d’Harrow (ou dans une bonne école publique ayant les mêmes traditions).

Il est vrai que comme toutes les écoles du pays (d’un certain niveau) respectent ces traditions, notre père de famille n’aura pas le choix qui se poserait dans d’autres pays entre une école de tradition et une école de haut niveau  d’enseignement (on peut d’ailleurs penser que les écoles les plus traditionnelles ou les plus chères n’ont pas forcément le plus haut niveau d’enseignement, car on n’y va pas pour ça, mais pour le prestige social).

Notre Sud-africain qui a réussi sera aussi fier d’être nommé chevalier du vénérable Ordre de Saint John dont le Maître souverain est la reine Elizabeth et le représentant local (prieur) un Sud-africain aussi irréprochable que l'archevêque Desmond Tutu. Il s’habillera élégamment pour aller à des courses de chevaux. S’il est vraiment fasciné par le style de la gentry britannique, il pourra même pratiquer la chasse à courre !

Il est toutefois plus probable qu’il se contentera de jouer au golf et qu’il aura plaisir à se payer une Ferrari ou une Lamborghini, comme ses semblables riches du monde entier, ou s'il a des moyens plus réduits, une Porsche ou une Jaguar.

Le maintien dans l’Afrique du Sud actuelle des coutumes dont l’origine britannique est immédiatement perceptible est caractéristique de la séduction d’un modèle de civilisation qui s’exprime de façon sensible ou visuelle (décors, costumes, rites) plus qu’intellectuelle, à la différence des valeurs françaises.

Il est aussi caractéristique que ce modèle de civilisation soit fondé au moins en partie sur des critères liés à l’origine, à l’hérédité (on sert dans des régiments écossais parce qu’on est né Ecossais, on envoie ses enfants dans une école chic parce que les enfants des familles distinguées y vont « depuis toujours » et qu’elle est chic pour cela, etc).

En s’adressant au ressort éternel du snobisme et en pratiquant une ouverture mesurée vers des milieux plus larges, ce modèle de civilisation a pu perdurer bien après la période coloniale et la période de domination  blanche ; il a sans doute encore quelques beaux jours devant lui.

En passant en revue certaines des traditions présentes en Afrique du Sud, nous avons aussi perçu la permanence de l’Afrique du Sud blanche, qui constitue un autre aspect de la même réalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 ANNEXE

 LE VROUEMONUMENT, MONUMENT AUX FEMMES, ET EMILY HOBHOUSE

 

 

 

 

Le Nasionale Vrouemonument de Bloemfontein, monument national  des  femmes (ou « aux femmes »), fut construit pour commémorer les 27 000 femmes et enfants boers qui sont morts dans les camps de concentration britanniques au début du 20ème siècle.

A la fin de 1900, les Britanniques avaient occupé le territoire des républiques boers et pensaient que la guerre était terminée. Les Boers se formèrent alors en petits commandos pour mener des actions de guérilla continuelles, faisant régner une insécurité permanente pour les Britanniques.  Les Boers trouvaient du ravitaillement et de l’aide  dans les fermes que faisaient fonctionner les femmes et les personnes âgées, après le départ des hommes pour la guerre.

Pour priver les combattants boers de leur soutien, les Britanniques incendièrent les fermes et transportèrent les femmes, enfants et personnes âgées dans des camps dits de concentration.

Les Britanniques n’étaient pas équipés pour gérer des populations aussi importantes et les conditions de vie dans les camps devinrent désastreuses en raison des maladies épidémiques et de la malnutrition.

Un comité britannique libéral, qui désapprouvait la guerre, envoya sur place une de ses membres, Emily Hobhouse, par ailleurs infirmière et militante pour le suffrage des femmes, pour se rendre compte des conditions de vie des civils.

Emily Hobhouse visita d'abord le camp de Bloemfontein, puis d'autres camps. Elle fut indignée par ce qu’elle vit. Elle fut notamment marquée par la mort d’une petite fille boer, Lizzie Van Zyl,   mal ou pas du tout soignée par les médecins britanniques qui ne comprenaient pas ce qu'elle disait. Avec le peu de moyens dont elle disposait elle essaya d’améliorer la situation. Elle réclama des mesures de la part des autorités militaires.

Grâce à son action, la situation commença à changer malgré l’agacement du commandant en chef britannique, Lord Kitchener.

Emily revint en Grande-Bretagne pour alerter l’opinion et le gouvernement, mais beaucoup de Britanniques considéraient qu’elle trahissait son pays en s’intéressant trop au sort des ennemis. Le gouvernement, après avoir rejeté les accusations, finit par reconnaitre qu'il avait sous-estimé le problème et prit des engagements. A la chambre des Communes, le leader de l'opposition libérale, Campbell-Bannermann, déclara: une guerre qui utilise de tels moyens n'est pas une guerre, c'est une barbarie.

Mais lorsqu’Emily etourna en Afrique du Sud, les autorités l’empêchèrent de débarquer.

Les combattants boers, privés des bases de repli et de ravitaillement que constituaient les fermes et effrayés par le sort des civils – leurs propres familles- dans les camps, se décidèrent à négocier.

Les Britanniques, sans avoir réellement voulu provoquer la surmortalité des civils, finirent par gagner la guerre grâce à leur politique d’internement et à son effet psychologique sur les combattants.

Emily Hobhouse publia un livre sur les conditions d’internement des Boers et resta  très proche des populations boers ; de retour en Afrique du Sud en 1903, elle milita pour la réconciliation des anciens ennemis.

 Après l’établissement de l’Union sud-africaine et le retour au pouvoir des Boers dans les provinces qui avaient constitué les anciennes républiques boers, les responsables gouvernementaux décidèrent d’édifier à Bloemfontein un monument commémoratif aux femmes et aux enfants morts en camps.

Le monument a la forme d’une pyramide avec des statues et des bas-reliefs  représentant les femmes et les enfants. Emily Hobhouse dessina les décors du monument. Contre la pyramide se trouve un groupe sculpté qui représente une femme assise tenant sur ses genoux son enfant mort et une autre femme debout.

Il fut inauguré en 1913. Emily Hobhouse aurait dû être présente mais, malade, elle dut s'arrêter en route.

 

Une souscription fut organisée dans la population boer pour lui permettre d’acheter une maison en Cornouailles. La citoyenneté sud-africaine, qui avait été instituée, lui fut conférée.

Emily Hobhouse, pacifiste, fut aussi une opposante à la guerre de 1914 et se consacra à la protection des réfugiés d’Europe de l’Est.

A sa mort en 1926, il fut décidé qu’elle serait inhumée au Vrouemonument.

D’autres personnalités des républiques boers furent aussi inhumées près du monument.

Depuis 1913 celui-ci est l’un des symboles de l’identité boer ou afrikaner.

De nos jours, les Afrikaners de tous âges viennent souvent en visite, parfois en vêtements d’époque, au Vrouemonument  et déposent des fleurs devant le monument et sur la tombe d’Emily Hobhouse.

Il est assez amusant (finalement) de savoir que la république d’Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid, donna son nom  à un sous-marin d’attaque (curieux hommage rendu à une pacifiste), de fabrication française, qui fut en service de 1986 à 2003, le S.A.S. (South african ship) Emily Hobhouse.

Après la fin de l’apartheid, le sous-marin perdit son nom initial et fut rebaptisé par un nom africain, devenant  S.A.S. Umkhonto (nom donné à l’épée des Zoulous).

 

 

 

 

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 Devant le Vrouemonument : visiteurs en tenue de commandos de la guerre des Boers.

 http://www.netwerk24.com/Nuus/Algemeen/jong-emily-hobhouse-loop-in-boereheldin-se-spore-20160522

 

 

 

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Image plus pacifique : des élèves de l'école Meisieskool Oranje fleurissent le monument, 2014.

http://www.oranjemeisies.co.za/hs/monumentfunksie/

 

 

 

 

 

ORANIA ET KLEINFONTEIN

 

 

 

 

 

On peut dire deux mots d’Orania et Kleinfontein.

Il s’agit de deux villages exclusivement habités par des Blancs afrikaners.

Ils furent créés après la fin de l’apartheid dans le but de servir de refuge aux  Afrikaners et d’être l’embryon d’un Volkstaat (état du peuple – comprendre du peuple afrikaner) qui aurait obtenu une forme d’autonomie en Afrique du Sud.

Mais finalement  ces villages n’ont pas eu beaucoup de succès et rassemblent seulement un millier d'habitants chacun.

Si Kleinfontein,à 20 kms de Pretoria, est un village fermé, avec contrôles à l’entrée, ce n’est pas le cas d‘Orania.

Kleinfontein ne diffère pas vraiment des résidences fermées d’Afrique du Sud, qui regroupent des habitants qui souhaitent se protéger de la criminalité. Ce qui l’en distingue c’est que le village est réservé (en fait) aux Blancs afrikaners.

Orania, province du Cap du Nord, région du désert du Karoo, fut fondé par la belle-famille du Premier ministre Hendrik Verwoerd, un des théoriciens de l’apartheid (cf nos messages, première et deuxième parties). Le village n’est pas officiellement réservé aux Blancs ; il est ouvert aux gens de langue afrikaans (or, des Noirs ou métis peuvent parler afrikaans). En pratique, seuls des Blancs y vivent. Il ne viendrait pas spécialement à l’idée des membres d’autres communautés de s’y installer.

On trouve sur internet des articles en français désapprouvant ces villages et dénonçant, avec l’auto-satisfaction de la bonne conscience, l’esprit supposé raciste qui est à leur origine.

En fait, même l’Etat sud-africain ne critique pas ces villages.

Le président Mandela est venu à Orania, où il rencontra avec sympathie la veuve du Premier ministre Verwoerd et se recueillit même sur la tombe de ce dernier, transportée à Orania (alors que c'est à l'époque de Verwoerd que Mandela avait été condamné à la prison à perpétuité). Puis le président Zuma s’y est rendu. Le statut institutionnel définitif des villages est toujours en discussion.

Les autorités sud-africaines  considèrent que les villages entrent dans le cadre de la Constitution qui reconnait le droit à toute communauté de s’organiser librement.

Même Julius Malema, au moment où il était le chef du mouvement des jeunes de l'ANC, est venu à Orania pour débattre avec les habitants.

Plus curieusement, les habitants d’Orania se réclament de l’exemple de la communauté Amish aux Etats-Unis (une communauté religieuse qui vit en autarcie et refuse la vie moderne) et des Kibboutz israéliens.  Leur vision de la société est fondée sur l’auto-organisation et la coopération entre les habitants.

Le symbole du village est un adolescent qui retrousse ses manches : cette image figure sur le « drapeau » d’Orania qui s'est aussi doté de sa propre monnaie, l'Ora.

L'idéal des responsables, où la religion protestante joue un grand rôle, est également proche des idées écologistes et des partisans de la décroissance.

Orania participe aux élections sud-africaines bien entendu, et le parti qui remporte le plus de voix, qu'il s'agisse d'élections municipales, provinciales ou législatives, est le Front de la Liberté, parti ethnique des Afrikaners - mais on se souviendra que le chef du Front de la Liberté, Pieter Mulder, a été ministre du gouvernement de Jacob Zuma de 2009 à 2014.

Aux élections de 2014, le Front de la Liberté a réalisé près de 77% des voix, l'Alliance démocratique (parti libéral et multi-racial), 15%;  des électeurs ont aussi voté pour l'ANC (le parti au pouvoir depuis Mandela) et même pour l'EFF de Julius Malema, la gauche extrême africaniste, pourtant aux antipodes de ce que représente Orania ! Il y avait... 291 votants (Wikipedia, article Orania).

Aux municipales de 2016, le Front de la Liberté eut presque 84% des voix, le reste (15%) allant à l'Alliance démocratique et 2% à l'EFF.

 Carel Boshoff, le responsable actuel d’Orania (fils du fondateur et petit-fils de Hendrik Verwoerd ) ironise sur les Blancs libéraux qui critiquent Orania et qui ont des employés de maison noirs sous-payés, alors qu’à Orania, aucun Noir n’est   exploité par les Blancs…

Il est conscient qu’Orania n’a pas eu le succès escompté.

En effet les Afrikaners ne sont pas soucieux de vivre dans des sortes de réserves où ils retrouveraient, à peine modernisée et teintée d’écologisme,  la vie des pionniers d’autrefois. Ce retour en arrière ne leur convient pas, même s’ils sont fiers de leur passé. La majorité d’entre eux veut vivre dans l’Afrique du Sud actuelle et profiter de la société de consommation.

Un article sur le site Jeune Afrique se conclut ainsi : "Ce que l’échec démographique d’Orania démontre, paradoxalement, c’est que la plupart des Blancs ont conservé une place enviable dans le reste de l’Afrique du Sud." ( http://www.jeuneafrique.com/mag/287888/societe/afrique-sud-vie-blanc-existe-a-orania/ )

 

 

 

sans-titre

 Nelson Mandela lors de sa visite à Orania en 1995, avec Betsie Verwoerd, veuve du Premier ministre emblématique de l'apartheid, et le gendre des Verwoerd, Carel Boshoff père, le fondateur d'Orania (mort en 2011, son fils, qui porte le même prénom, lui a succédé comme dirigeant du village).http://www.independent.co.uk/news/world/africa/we-shed-no-tears-for-nelson-mandela-he-is-a-fallen-opponent-say-residents-of-white-enclave-orania-9004280.html

 

Le  décès de Carel Boshoff père fut marqué par de nombreux hommages publics de la part des principaux mouvements politiques sud-africains opposés pourtant à ses conceptions séparatistes. Le parti au pouvoir, l'ANC, lui rendit un hommage appuyé tandis que son mouvement de jeunesse exprima le regret « qu'il soit mort avant d'avoir pleinement pu apprécier le caractère non racial apporté par le gouvernement démocratique en Afrique du Sud »; l'Alliance démocratique, principal parti d'opposition, salua un promoteur des droits des minorités tandis que le Congrès du peuple (dissident de l'ANC) exprima sa tristesse et déplora la mort d'un « homme dynamique, chaleureux et visionnaire », insistant sur son travail de missionnaire et sur son rôle dans la transformation pacifique de l'Afrique du Sud à la fin de l'apartheid, au niveau tant national que provincial.

Il fut enterré au cimetière d'Orania  en présence de 500 personnes dont l'ancien Premier ministre de la province du Northern Cape, membre de l'ANC et  du président de l'assemblée législative de la province (Wikipedia).

 

 

 

 

 

 

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Le comte Lanza vous salue bien
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