DES KATZENJAMMER KIDS

Á PIM, PAM, POUM

 

OU LES HÉROS NE MEURENT JAMAIS

 

 

 

CINQUIÈME PARTIE

 

 

 

 

 NOTA / Dans ce message, nous reproduisons plusieurs planches de bandes dessinées ou dessins isolés, en indiquant les sources sur internet quand nous avons pu les retrouver. Nous ignorons si nous avons le droit de le faire et nous supprimerons les images litigieuses à la pemière demande.

 

 

 

 

 

LA SÉRIE EN FRANCE AVANT LA GUERRE 39-45

 

 

 

La première parution régulière de la série créée par Rudolph Dirks  a eu lieu dans la revue Nos loisirs entre 1911 et 1912, sous le titre "Les méfaits des petits Chaperché".

Auparavant, deux planches isolées avaient paru dès 1899  dans le Journal pour tous, supplément illustré du quotidien parisien Le Journal.                 

http://www.topfferiana.fr/2014/08/the-katzenjammer-kids-in-france/

 

Mais ces parutions avant la guerre de 14 n'avaient pas inscrit la série dans la durée et il fallut attendre les années trente pour revoir la série en France, ou plutôt la double série puisque celle de Knerr existait désormais en concurrence avec celle de Dirks.

En 1928, un homme de presse d'origine hongroise, Paul Winkler, créa l'agence Opera Mundi, d'abord agence de presse, qui se spécialise ensuite dans le placement dans les journaux français des bandes dessinées du King Features Syndicate.

Dès 1933, Hachette publiait un volume intitulé Pim, Pam, Poum, avec probablement le matériel fourni par Paul Winkler (donc la série de Knerr). Les ballons dans les cases sont effacés et les textes placés sous les cases, selon la tradition française des séries enfantines encore en usage à l'époque.  C'est la première apparition du titre Pim, Pam, Poum.

Peu de journaux français sont convaincus de publier des bandes dessinées américaines, ce qui amène Winkler à envisager la publication d'un journal intégralement dédié à ces bandes dessinées, à commencer par les bandes qui paraissent sous la signature de Walt Disney.

 En 1934, en accord avec Hachette, il lance Le Journal de Mickey, suivi en 1936 par Robinson et Hop-là (qui fusionneront). D'autres éditeurs suivent, avec Junior, Jumbo, Hourrah, composés principalement de séries américaines (avec, dans certains titres, des séries italiennes). C'est ce qu'on appelle les journaux de  l'âge d'or.

  La série de Knerr est publiée dès 1935 dans Le journal de Mickey (à partir du n° 25) sous le nom de Pim, Pam, Poum, déjà utilisé par l'album paru en 1933. La série dure jusqu'à ce que le journal doive arrêter de paraître en raison de la guerre (n° 380 du 26 avril 1942, selon le site BD Zoom, 80 bougies pour Le Journal de Mickey (première partie) http://bdzoom.com/78013/patrimoine/80-bougies-pour-le-journal-de-mickey-premiere-partie/).

Le Journal de Mickey publie aussi la série de Knerr Dinglehoofer und his Dog Adolph sous le titre Les Durondib et leur chien Adolphe.

A partir de 1936, la série de Dirks est publiée en France dans Junior (créé en 1936) sous le titre de Capitaine Fouchtroff.

 Jumbo, créé en 1935, publiera aussi la série de Dirks sous le titre Capitaine Cocorico (mais il semble s'agir de planches très anciennes).

Dans ces publications, les noms des personnages diffèrent, mais les noms choisis pour la parution dans Le Journal de Mickey finiront par s’imposer, aussi bien pour le titre que pour les pesonnages.

Ce journal, tiré à 400 000 exemplaires, touche un lectorat nombreux. Comme il publie la série de Knerr, celle-ci, avec ses personnages  supplémentaires (Léna, Adolohe, Miss Ross)  et son sens du comique, éclipse la série de Dirks, qui parait plus terne.

 Pour la liste (non complète) des parutions de la série dans le Journal de Mickey, voir le site BD Oubliées, Pim Pam Poum dans le Journal de Mickey http://www.bdoubliees.com/mickey/series5/pimpampoum.htm

 

De rares albums sont publiés en France avant guerre, l'un intitulé Pam, Poum et le Capitaine Pim (le nom de Pim attribué au Capitaine, n'a pas eu de suite) en 1937 chez Hachette, avec le nom de Knerr en couverture, qui reprend sans doute les histoires publiées par Mickey, et un Capitaine Fouchtroff en 1938 à la Société parisienne d'éditions.

 

Pourquoi Fouchtroff ? On peut penser que les traducteurs français, ne pouvant ni ne voulant reproduire le jargon germanique des personnages dans la série d'origine, ont voulu donner un équivalent avec une très discrète caractéristique linguistique régionale, limitée d'ailleurs au Capitaine. Dans la traduction, le Capitaine utilise volontiers le juron présumé auvergnat Fouchtra, d'où Fouchtroff. Le juron parait utilisé aussi bien dans les traductions des planches de Dirks que de Knerr (c'était peut-être le même traducteur pour les deux versions ?).

 

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 Planche de Knerr parue (très probablement) dans Le Journal de Mickey (date inconnue).

Reproduite dans l'album de réédition Pim, Pam, Poum, éditions Slatkine, 1981

 Site BD GEST https://www.bedetheque.com/BD-Pim-Pam-Poum-Tome-8In1-29210.html

 

 

 

APRÈS LA SECONDE GUERRE

 

 

 

En France, il n’existait pas d’équivalent aux pratiques américaines  de publication des bandes dessinées dans la presse quotidienne (strips quotidiens et  planches du dimanche). La publication de Pim, Pam, Poum a donc eu lieu dans des journaux destinés aux enfants : soit des fascicules dédiés à la série, soit des journaux présentant des séries multiples, où elle paraissait au rythme d’une page par livraison.

Les éditions Chott (pseudonyme de l’éditeur et dessinateur Mouchot) publient 8 fascicules entre 1948 et 1950, reprenant des planches de la série de Dirks, sous le titre du Cap'tain Louff (avec des couvertures par Chott).

De son côté, l’hebdomadaire L’intrépide, lancé en 1948 par l’éditeur Cino del Duca (notamment éditeur de Nous Deux) reprend des bandes de Dirks sous le titre Le capitaine Cocorico pendant les deux ou trois premières années de parution, mais elles disparaissent ensuite (L’Intrépide disparaîtra en 1961, incapable de rivaliser avec les hebdomadaires de la presse pour jeunes franco-belge).

Il faut ici noter la différence de titre de la série en France à cette époque, selon qu’il s’agit de la série de Dirks ou celle de Knerr et ses successeurs : Seule cette dernière porte le titre Pim, Pam, Poum (qui appartient probablement à Opera Mundi), tandis que les éditeurs qui publient la série de Dirks utilisent d’autres titres.

 

 

 

 LA SÉRIE DANS DONALD ET LE JOURNAL DE MICKEY

 

 

En raisons de ses origines juives, Paul Winkler a quitté la France en 1940 pour les USA, où il publie notamment une dénonciation des sources intellectuelles du nazisme (qui sera traduite après guerre sous le titre L'Allemagne secrète). Il revient en France en 1945 et relance ses activités (agence Opera Mundi, magazine féminin Confidences). Puis il lance le journal Donald (1947-1953). Le titre exact de ce journal était (pour quelle raison ?) Hardi présente : Donald.

On y retrouvait Pim, Pam, Poum (apparemment du début à la fin de la parution du journal).

Puis Paul Winkler fait paraître la nouvelle série du Journal de Mickey, à partir du 1er juin 1952. 

Pim, Pam, Poum ne fait pas partie du sommaire et il faut attendre 1961 pour que la série (toujours celle de Knerr et ses successeurs) revienne dans le journal, avec pour sa première apparition une planche de Musial. Dès lors la série sera présente, d'abord  toutes les semaines, puis avec des éclipses,  pendant près de trente ans. Dans une écrasante majorité, les planches publiées sont de Musial.

Pim, pam, Poum semble disparaître du Journal de Mickey en 1989 -  voir sur le site BD oubliées : Pim Pam Poum dans le Journal de Mickey http://www.bdoubliees.com/mickey/series5/pimpampoum.htm.

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 Planche de Musial parue dans Le Journal de Mickey n° 475 (1961).

Il s'agit de la première planche de Pim, Pam,Poum, à reparaître dans Mickey, nouvelle série.

 http://www.forumpimpf.net/download/file.php?id=45808&mode=view

 

 

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 Planche de Knerr parue dans Le Journal de Mickey n° 998 (1971).

Le bandeau de titre indique les noms des personnages dans l'édition française : Pam est le blond et Poum le brun (pour un exemple, cf. case 6). En bonne règle, et en admettant que tous les traducteurs aient toujours eu la même pratique ...

Dans la série originale de Knerr et ses successeurs, Hans est  le blond et Fritz est le brun (donc Pam = Hans et Poum = Fritz).  Quant à Dirks, il aurait interverti les noms des enfants à partir de la rupture de 1914 (mais cela n'a pas eu d'incidence sur les traductions françaises).

  http://m-bd.over-blog.com/article-numero-998-du-journal-de-mickey-77193151.html

 

 

 

  Mais la popularité de la série va principalement être portée par les fascicules des éditions Lug.

 

 

 

 

 

LE RÈGNE DES MOYENS FORMATS DES ÉDITIONS LUG (ANNÉES 50 –DÉBUT ANNÉES 70)

 

 

 

 

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 Extrait d'une planche de Knerr, parue dans une revue des éditions Lug.

La bouteille d'eau de Seltz encore en action !

 http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=24103&start=20

 

 

 

A partir de 1955, les éditions Lug (de Lugdunum, Lyon en latin, car elles étaient basées à Lyon) publièrent plusieurs titres de périodiques consacrés à la série.

Les éditions Lug étaient des spécialistes des petits formats, très nombreux  à l’époque : ces fascicules, le plus souvent mensuels, étaient  consacrés à un épisode complet de la série-titre (avec quelques éléments complémentaires). il s’agissait souvent de séries importées (notamment d’origine italienne), de western ou d’aventures, avec un dessin réaliste (mais pas seulement).

Ces périodiques étaient donc très différents de la presse « pour jeunes » hebdomadaire de l’époque, française ou franco-belge  (Tintin, Spirou, puis Pilote) qui publiait, dans  des formats plus grands, des histoires à suivre réalisées par des auteurs sous contrat avec le journal.  Le Journal de Mickey (sans doute destiné à un lectorat plus jeune, comparé aux autres titres) publiait plutôt des histoires complètes des personnages crées par les productions Disney, avec quelques séries à suivre en complément.

Chez Lug, on éditait en petit format Kiwi, Rodeo, TexPipo, puis dans les années 60 Zembla, Yuma, Blek le roc et bien d’autres.

 

La maison Lug publia Pim, Pam, Poum  dans des fascicules de moyen format (donc réduit par rapport au format d’origine), à parution mensuelle (avec des parutions trimestrielles complémentaires). Mais la publication en France de la série par une  maison spécialisée dans les petits formats  lui a sans doute nui, étant associée à des parutions « populaires » mal considérées.

 

 

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 Planche de Knerr parue dans Pim, Pam, Poum, les rois des farceurs, n° 1, éditions Lug, 1955.

Le Capitaine en maillot de corps et le roi, le petit doigt en l'air pour braquer son monocle (case 6).

 http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=24103&sid=6d7c25b0044cd1c3f37109cab2d1f7af

 

 

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Planche de Knerr (non signée ?) parue dans Pim, Pam, Poum, les rois des farceurs, n° 12, éditions Lug, 1958.

Dans cette planche, Adolphe a encore son physique avantageux de jeune premier et Léna ne peut que s'extasier : Oh, Adolphe, ce que tu es courageux.

https://www.bedetheque.com/serie-49641-BD-Pim-Pam-Poum-LUG.html

 

 

 

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Numéro 1 de la revue Pim, Pam, Poum, les rois des farceurs (juin 1955), publiée par les éditions Lug. Couverture probablement de Cézard (mais pas encoe vraiment caractéristique de son style, très reconnaissable). Le petit personnage à gauche sur le hamac, bien que plutôt mal dessiné, doit être Elastoc, un personnage de la série Pipo et Concombre, qui est aussi apparu dans des histoires à son nom. Pourtant il ne semble pas que ce personnage ait été présent dans la première revue Pim, Pam, Poum, mais il rappelait que les éditions Lug publiaient aussi (depuis 1952) le mensuel Pipo.  

Le site des fans de petits formats des éditions Lug

http://hb.pf.free.fr/

 

 

La première série de fascicules s'appelait Pim, pam, Poum, les rois des farceurs (mais ce sous-titre manque sur plusieurs numéros). Elle fut publiée de juin 1955 à novembre 1961 soit 55 numéros, d'abord en parution trimestrielle, puis mensuelle..

En décembre 1961 Pim, Pam, Poum, les rois des farceurs fusionna avec une autre publication Lug, Pipo, d’où le titre Pim, Pam, Poum, Pipo. Pipo était le nom donné en France à un personnage italien, Cucciolo, qui vivait des aventures avec son camarade Beppe (Concombre dans la version française). En Italie, Cucciolo avait un magazine à son nom. La nouvelle revue dura jusqu'à  novembre 1972 avec 132 numéros.

 

Enfin une revue trimestrielle fut adjointe à la série principale sous le nom de Spécial Pim, Pam, Poum, Pipo , puis Spécial Pim, Pam, Poum. Elle dura d'avril 1962 à décembre 1973 (48 numéros).

(indications prises sur le site très documenté  LUG, le site des fans de petits formats des éditions Lug  http://hb.pf.free.fr/

 

Lug publia  dans ses magazines successifs les planches de l’époque classique de Knerr (planches des années 36 à la fin de la production de Knerr, en 1949) et de ses successeurs Winner et Musial, ainsi que, en moins grand nombre, des planches de Dirks père et fils  (publiées donc sous le titre commun Pim, Pam, Poum).

 

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 Planche extraite d'une histoire complète de 14 pages, probablement de John Dirks, parue dans une des revues Pim, Pam, Poum (années 1970 ?). Caractéristique du style minimaliste de la série à cette époque..

Il s'agit d'une histoire où les enfants, à la recherche d'un cadeau pour l'anniversaire de Tante Pim, découvrent une grotte  et rencontrent un inventeur sympathique, Borax,  qui a inventé une machine pour forer les roches. Ils échappent à une taupe et à une fourmi géantes et découvrent des émeraudes, qu'ils peuvent ramener à Tante Pim, en prétendant les avoir trouvées en pêchant des huîtres.

Site LUG, le site des fans de petit format des éditions Lug  

http://hb.pf.free.fr/

 

 

 

Il ressort que Lug avait acquis les droits de publication des bandes de Knerr et ses successeurs à Opera Mundi, ainsi que le droit corrélatif d’utiliser le titre Pim, Pam, Poum (toutes les planches publiées portent l’indication copyright Opera mundi).

 

La présence de Musial  fut sans doute prédominante dans les publications Lug, d’autant qu’au moment de cette publication, c’était Musial qui était en charge de la série aux USA. Lorsque Lug recevait des nouvelles planches pour ses publications (via Opera Mundi, probablement), il y avait toutes les chances pour  que ce soit du Musial publié un peu auparavant aux USA.

Il en était de même dans Mickey – paradoxalement, il fallut attendre les années 70 pour que Mickey publie des planches de Knerr et Winner, qui à ce moment dataient déjà d’au moins 20 ou 30 ans (cf site BD oubliées http://bdoubliees.com/mickey/series5/pimpampoum.htm ).

Comme Musial était quasiment l’auteur le plus représenté aussi bien dans Mickey que dans les publications Lug dans les années 60-70, pour beaucoup de lecteurs de l’époque, la série s’identifia au style de Musial.

 

Les couvertures des magazines Lug consacrés à la série étaient des créations originales, pour la plupart (sinon toutes ?) réalisés par Cézard, dessinateur français, créateur pour son compte du personnage de Kiwi (un oiseau humanisé à qui il n’arrive que des malheurs –on trouvait ses aventures dans le petit format Kiwi publié par Lug, mais dont le vrai héros était le trappeur Blek le roc, qui eut ensuite son propre fascicule)  et d’Arthur le petit fantôme. Dans ses couvertures, à partir de la fusion de Pim, Pam Poum avec Pipo, Cézard mélangeait les personnages des deux séries, qui se baignaient donc ensemble, fêtaient Noël  ou faisaient du ski ensemble. Il réalisa aussi quelques pages d’appoint de Pim, Pam, Poum, d’esprit et de style quand même assez différents de la série d’origine. D'autres dessinateurs français intervinrent aussi pour quelques planches (Jean-Yves Mitton, Michel-Paul Giraud).

 

 A noter que, selon le forum PIMPF (http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=24103 )  quelques planches du Captain and the kids de Dirks  parurent aussi dans le magazine Bugs Bunny chez Sagédition, un éditeur également spécialisé dans les petits et moyens formats (il publiait notamment Pépito, magazine consacré à la bande dessinée du même nom de Luigi Bottaro). 

 

Après la disparition de Pim, Pam, Poum, Pipo, la série contnua à paraître (mais il est probable que depuis longtemps les éditions Lug   ne présentaient plus de nouvelles planches) dans un nouveau magazine trimestriel des éditions Lug, Fiesta.

Ce magazine parut de mars 1974 à décembre 1978, le titre devenant Fiesta Pim, Pam, Poum  et même Pim, Pam, Poum tout court, avant de disparaître, sa formule n'étant manifestement plus adaptée aux goûts du public.

Les éditions Lug, à ce moment, s’étaient spécialisées dans la parution, sous un format moyen (le format des comic books américains), des bandes dessinées américaines du Marvel Group (histoires de super-héros) ce qui leur valut un regain d’audience auprès de nouvelles générations. Mais Lug fut  racheté par un groupe suédois et disparut vers 2003 après quelques avatars et déboires (dont un changement de nom).

 

Charlie (mensuel), magazine de bandes dessinées pour lecteurs adultes, publia ausi des planches de Knerr et de Dirks, dans les années 70 et 80, sans continuité. Les planches parurent sous le titre original de chacune des séries, et non sous le titre Pim, Pam, Poum, jugé probablement trop enfantin. Charlie mensuel (titre donné en référence àCharlie Brown, l'un des pesonnages principaux de la série de Charles M. Schulz, Peanuts) avait été créé en 1969 à l'imitation du magazine de bandes dessinées italien Linus  - nom d'un autre personnage de la série Peanuts;  il présentait quelques rééditions de bandes dessinées de l'âge d'or, des séries internationales (dont Peanuts), des créations françaises (Pichard, Wolinski, Reiser) ou des traductions d'auteurs étrangers (Guido Crepax), en s'adressant à un lectorat adulte. Le célèbre Charlie hebdo (titre apparu  après l'interdiction du titre Hara-Kiri hebdo) était une publication du même éditeur mais d'un contenu différent (mais avec des collaborateurs communs comme Delfeil de Ton, Wolinski, Reiser, Cabu). Le mensuel disparut en 1986.

 

En 1981-84, un trimestriel titré Pim, Pam, Poum, le comic-book, (éditions Greantori) publie des bandes des divers auteurs de la série.

Pim, Pam, Poum disparait aussi à la fin des années 80 du Journal de Mickey (le site BD oubliées  http://bdoubliees.com/mickey/series5/pimpampoum.htm  mentionne une présence jusqu’en 1989 (mais c’est peut-être parce que les journaux postérieurs n’ont pas encore été exploités par le site). A cette date, la périodicité de la parution, hebdomadaire au début, était devenue aléatoire et de plus en plus réduite.

 

La fin des années  80 marque donc la fin de la présence permanente de Pim, Pam, Poum dans des périodiques paraissant en France.

 

 

 

 

 

QUELS NOMS POUR LES PERSONNAGES EN FRANCE ?

 

 

 

 On a déjà dit que le nom de la série et des personnages dans la version Opera Mundi avaient fini par s’imposer,  reléguant dans l’oubli les autres titres éphémères (d’ailleurs utilisés seulement pour les traductions des planches de Dirks).

 

Il arrive qu’on exprime du regret que des noms aussi enfantins aient été donnés au titre et aux personnages par Opera Mundi (mais Pim, Pam, Poum, vaut bien les Capitaine Fouchtroff, Cocorico ou Louff des autres versions).

 

 Au milieu des années 60, les éditions belges Dupuis (qui publient Spirou et les albums des dessinateurs attitrés du journal) lancent une éphémère collection de poche, intitulée Gags de Poche, où ils publient du matériel Dupuis mais aussi des bandes dessinées d’autres provenances, dont 3 volumes consacrés à Dirks (planches des années 30). Il est caractéristique que les 3 volumes ne fassent pas référence au titre Pim, Pam, Poum, mais aux Garnements. Le personnage de Tante Pim est appelé Bobonne, le Capitaine est bien sûr le Capitaine, mais l’Astronome retrouve son nom d’origine d’Inspecteur ;  mais il est parfois appelé le Professeur. Quant aux enfants, il semble que l’éditeur s’arrange pour éviter de les nommer.

 

L’éditeur avait-il  fait le choix délibéré de noms différents pour la  version française de Dirks, par fidélité à la dualité des deux séries (celle de Knerr et ses successeurs et celle de Dirks) ? Ou bien tout simplement n’avait-il pas obtenu le droit d’Opera Mundi d’utiliser les noms de la version française qui s’était imposée dans le public ?

 

Par ailleurs, le choix du titre Les garnements pouvait aussi s'expliquer par le fait que la série avait été publiée en Belgique sous ce nom plusieurs années auparavant, dans le journal Bravo (voir plus loin). Mais la série publiée par Bravo était...celle de Knerr.

 

On doit  rappeler qu’aux USA, il n’y avait pas une différence de noms considérable entre les deux séries : seul le nom-titre  différait de ce point de vue, Dirks n'ayant pas le droit d'utiliser le titre  Katzenjammer kids, resté propriété du King Features Syndicate) - ni probablement le nom Katzenjammer, même en dehors du titre.

Il semble que les prénoms des jumeaux étaient intervertis selon la série, mais ils restaient Hans et Fritz. De même, dans les deux versions, on retrouvait Mama (Tante Pim en France chez Opera Mundi), the Captain ou the Inspector. Bien entendu, redisons-le, Rollo (Adolphe) Miss Twiddle (Miss Ross) et Lena n’existaient que dans la version  de Knerr et ses successeurs, publiée par le King Features Syndicate.

 

Il ne faudrait donc pas être d’un purisme exagéré et prétendre que dans la traduction française, il faudrait utiliser un titre et des noms différents pour le titre et les personnages selon qu’on parle de l’une ou l’autre série. Comme on l’a vu, les éditions Lug ont publié sous le même titre et avec les mêmes noms de personnages des planches provenant des deux séries concurrentes.

 

 

 

 

 

 

LA SÉRIE AILLEURS QU’EN FRANCE

 

 

 

En Belgique, le journal pour enfants Bravo créé  en 1936 en langue néerlandaise, eut une édition francophone à partir de 1940. Ce journal publiait des séries américaines (comme Flash Gordon) et on retenu qu'Edgar P. Jacobs y fit ses débuts (justement en continuant Flash Gordon quand en 1942 le journal n'eut plus accès aux planches américaines en raison de la guerre  - puis en y créant sa propre série, Le Rayon U.  Bravo publia la série de Knerr, mais avec le titre Les garnements et non pas Pim, Pam, Poum. La plupart des personnages portaient leur nom d'origine, comme Hans et Fritz, l'Inspecteur ou Rollo, mais Miss Twiddle y était Miss Volcan (?). La signature de Knerr qui aurait du figurer sur les planches était effacée.

 

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 Les garnements étaient présents sur le bandeau de titre de Bravo.

Ici le n° 19 de l'édition française (ou plutôt francophone), 4ème année, soit 1943.  

Dans la version publiée dans Bravo, les couleurs n'étaient cerrtainement pas celles d'origine et les coloristes ajoutaient aux personnages de curieux nez rouges (cf bandeau de titre et planche en couleurs plus loin). Il est probable que dans toutes les versions publiées hors de la presse américaine, les éditeurs travaillaient sur des planches en noir et blanc, qui devaient être ensuite colorisées. Bravo publia les planches de la série en couleurs quand elles occupaient la première ou la dernière page, sinon en camaïeu (voir exemples ci-dessous).

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 Les Garnements, dans Bravo n° 50 (1942).

Cette planche intéressante (malheureusement peu lisible) date de l'époque de l'apparition de Léna dans la série de Knerr.

Le professeur Fossil, l'oncle de Léna, est présent dans la première case où Léna arrive dans une charrette traînée par deux singes qu'elle a appelés... Hans et Fritz. Léna, plutôt que d'étudier sa leçon, vient distraire Pam et Poum (Hans et Fritz dans cette version)  pendant leurs exercices de violon,  en leur proposant de  jouer la maîtresse d'école. Pam et Poum finissent par se battre et Léna les punit en les mettant au coin, coiffés de curieux bonnets coniques (version américaine du bonnet d'âne ?). Pour humilier les jumeaux, Léna donne leurs violons aux  singes qui traînaient sa charrette en case 1 et les fait jouer, en les encourageant avec des bananes, tandis qu'elle aussi mange une banane. Mais quand elle refuse de leur donner de nouvelles bananes, les singes cassent les violons. C'est là que Miss Ross et Tante Pim  arrivent et découvrent le spectacle, tandis que Pam et Poum éclatent de rire.

Faut-il avoir l'esprit mal placé pour trouver beaucoup d'implications curieuses dans cette planche - mais sans doute les lecteurs de Bravo n'avaient pas l'âge d'y penser...

Blog m-bd

http://m-bd.over-blog.com/bravo-numero-50

 

 

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 Extrait d'une planche de Knerr publiée dans le n° 19 de Bravo, 4ème année (1943).

Les deux garnements se sont déguisés en Mama/Tante Pim (ou plutôt, comme le dit Léna, en "femme du Capitaine"). Ils en profitent pour flanquer une raclée à Rollo. Noter les noms, Rollo, Hans et Fritz (ici orthographié sans doute par erreur Frits), conformes à la version d'origine, mais pour Miss Twiddle (Miss Ross chez Opera Mundi), on trouve curieusement "mademoiselle Volcan" (case 1 de l'extrait).

 

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 Planche de Knerr publiée dans le n° 19 de Bravo, édition francophone, 4ème année (1943).

Miss Ross (Mlle Volcan ?) et Léna goûtent aux délices des histoires d'épouvante... qui deviennent une réalité grâce aux garnements. Adolphe/Rollo se rend compte de la supercherie - et c'est lui qui est puni !

Noter que l'Astronome est ici l'Inspecteur, conformément à la version d'origine (case 1).

 

 

 

 

 

 

Mais à partir des années 50, il est très probable que les fascicules Lug se sont vendus aussi en Belgique (au moins dans la partie francophone) et ont fait connaître le titre Pim, Pam, Poum, comme l’ont fait de leur côté les planches parues dans Le journal de Mickey.

 

Nous ne pouvons donner que des indications très succinctes sur les publications de la série (ou si on veut, de la double série !) dans d’autres pays.

En Italie, la série paraît sous des titres divers, notamment dans le plus célèbre magazine pour enfants Il Corriere dei Piccoli (le courrier –ou journal- des petits), mais le titre Bibi e Bibò s’imposera (Bibi et Bibò sont évidemment les deux jumeaux).

Le Capitaine y est nommé il capitan Cocorico (ou Coco Rico) –  nom qu’on retrouve dans une des versions françaises éphémères, tandis que Mama (Tante Pim en France) est Tordella…

 

Sur la présence de la série en Italie, voir un article très complet du blog Bambini e TopiBibì e Bibò. L’eterna rivolta dei «Katzenjammer Kids» https://www.bambinietopi.it/2014/08/bibi-e-bibo-katzenjammer-kids-dirks-knerr.html 

 

Nous évoquerons plus loin une traduction italienne respectant le langage germanique d’origine de la série en 1975 : il est caractéristique que dans cette traduction, le titre du livre soit Bibì e Bibò parce que c’est sous ce nom que la série est connue, par contre, dans les planches elles-mêmes, le traducteur a rétabli les noms d’origine, donc les enfants sont Hans et Fritz…

 

En Espagne, la série est connue sous les titres Maldades de dos Pilluelos (pilluelos : garnements) , Los Pilluelos y el Capitán, Aventuras de dos Pilluelos, Tarugo y Perdigón . Elle donnera  aussi naissance à une série locale qui s'en inspire très fortement et très connue en Espagne, la série Zipi y Zape de José Escobar, créée en 1948,

Dans les pays d'Amérique du sud hispanique et notamment en Argentine, on trouve la série de Knerr et ses successeurs sous les titres : Los Cebollitas, El Capitán y sus Sobrinos, Los Cebollitas y el Capitán, Los sobrinos del Capitán (sobrinos : neveux).

 Au Brésil, la série est très connue sous le titre Os Sobrinhos do Capitão (les neveux du Capitaine).

(d'après l'article déjà cité Bibì e Bibò. L’eterna rivolta dei «Katzenjammer Kids» https://www.bambinietopi.it/2014/08/bibi-e-bibo-katzenjammer-kids-dirks-knerr.html   ).

 En Suède, la série de Knerr et ses successeurs fut pubiée sous le titre de  Knoll och Tott, tandis que celle de Dirks était publie sous le titre de  Pigge och Gnidde                   .

En Norvège, la série de Knerr et ses successeurs est publiée sous le titre  Knoll og Tott . Au Danemark, le titre est Knold og Tot . Là encore, la série de Dirks fut distribuée sous des titres différents.

 

 

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La série en norvégien. Le "kaptein" en action.

https://snl.no/Knoll_og_Tott .

 

 

 

 

En Norvège, il est de coutume qu’un livre consacré à la série paraisse à Noël, et même les tristes années de guerre et d’occupation n’ont pas empêché la parution du livre. La même édition parait utilisée dans les autres pays scandinaves, dans chaque langue.

 

 

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 Edition norvégienne, 2014.

 https://www.mynewsdesk.com/no/egmontpublishingno/images/knoll-og-tott-368447

 

 

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 Dessin très "musialien" pour l'édition danoise, 1968.

https://comicwiki.dk/wiki/Knold_og_Tot_1968

 

 

En 2007, dans une interview à Actua-BD, Svein Erik Søland, chef éditeur chez Egmont Norvège, déclarait :

 " Encore aujourd’hui, Pim, Pam, Poum [l'interview dnnnait le titre français) est l’album de Noël le plus vendu en Norvège avec 120 000 exemplaires écoulés à chaque parution, au prix de 5€ environ".

 Les couvertures récentes montrent les personnages (dont Adolphe ou Léna) sous leur aspect classique, tels qu’on les trouvait chez Knerr ou Winner. Certaines couvertures des années 60 sont manifestement inspirées par Musial (voir reproduction des couvertures site Comicwiki https://comicwiki.dk/wiki/Knold_og_Tot )

Y trouve-t-on aussi des planches de Dirks, sachant que celle-ci fut publiée, au départ, sous un autre titre ? Ce livre annuel a-t-il suivi les passages de la série de main en main et par exemple, a-t-il publié les planches de Hy Eisman, le dernier auteur en titre, nous ne savons pas.

 

 

Au Canada, proche des habitudes américaines,  les deux séries concurrentes furent  publiées dans  les pages du dimanche de la presse quotidienne, y compris au Canada francophone, sous un grand nombre de titres : Toto et Titi, Les Jumeaux du Capitaine, Les Héritiers du CapitaineLe Capitaine et les enfants, Le Capitaine et ses jumeaux, Les amis du Capitaine... Ces titres, apparemment, étaient utilisés pour publier indifféremment la série de Dirks ou celle de Knerr et successeurs (voir une planche de Musial publiée sous le titre Toto et Titi en quatrième partie).

A noter que  les traducteurs canadiens francophones se sont efforcés, dans certaines publications seulement, de conserver l'accent germanique des pesonnages (au moins pour le Capitaine et l'Astronome)..

 Voir le site La BD de journal au Québechttp://fr.la-bd-de-journal-au-quebec.wikia.com/wiki/Pim_Pam_Poum?file=Oto_et_titi_27-4-1957.jpg

 Ceci nous amène à parler des problèmes d'adaptation de la série.

 

 

 

 

 

 QUELQUES PROBLÈMES D’ADAPTATION

 

 

 

 

Nous avons déjà rencontré quelques uns des problèmes  posés par la publication de la série hors des USA.

Tout d’abord, il y a le problème de la traduction.

Le jargon anglo-germanique des principaux personnages (encore compliqué par l’emploi d’expressions familières ou argotiques américaines)  pouvait difficilement être transposé par les traducteurs. De plus, il est probable qu’en France, doter les personnages d’un accent allemand aurait nui à la popularité de la série (comme ce fut le cas aux USA en 1917 – mais curieusement, plus par la suite, même durant la seconde guerre).

 

Au Canada francophone, ainsi qu'on l'a dit, certaines traductions conservent  l'accent allemand.. Mais ce semble être le seul cas et aucun traducteur dans aucun pays ne parait s’être risqué à chercher un équivalent du langage des personnages (sauf, en France, à parsemer les textes du Capitaine – mais de lui seul - de Fouchtra, pour jouer faiblement la carte d’une identité régionale).

 

Toutefois, dans des rééditions entreprises lorsque la bande dessinée fut considérée comme un genre à part entière et qu’on se mit à rééditer les « classiques », il y a eu des tentatives dans ce sens, au moins en Italie.

En 1975, l'éditeur italien BUR  publie Bibì e Bibò. Mais malgré le titre, qui reprend le titre sous lequel la série est connue en Italie, le traducteur Ranieri Cartano conserve les noms d'origine des personnages et il choisit de rester fidèle à la prononciation et aux tournures allemandes,  cette fois forcément mélangées à l’italien.

 

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 Extrait d'une planche du volume Bibì e Bibò publié en 1975 par les éditions BUR.

Le langage italo-allemand est particulièrement savoureux dans cet extrait. Les enfants subissent un traitement de choc de la part d’un indigène (qui est présenté sous un aspect très primitif – un aborigène de l’île ?) nommé Tar-Pan, sous les yeux du Capitaine, d’Adolphe et Léna. Le Capitaine  ne cache pas sa joie devant la puissance de Tar-Pan :   Kribbio ! Komo svelto lavora  kvel ragatzo… (Cribbio, équivalent de sapristi en italien, como svelto lavora quel ragazzo, comme il travaille vite ce garçon !).

 Un des garnements essaye de protester : Levati di tornopestione  (Va-t-en de là, grosse bête - pestione, sans doute prononciation allemande pour l’italien bestione, grosse bête, animal), tandis que Léna (qui parle un italien standard (comme dans la version originale elle parle un anglais standard ) commente l’action : Ooh, li sveste (oh, il les déshabille) ...Oh se gli fa fare un bagno - oh, il leur fait prendre un bain). Le Capitaine se tord de rire : Ke lafandaria (italien, che lavanderia, quelle blanchisserie).

 A la fin, le Capitaine admiratif : Tar-Pan, tu kolossal ! Vuoi sigaro ? (Tar-Pan, toi colossal ! tu veux un cigare ?).

Quant à Tar-Pan, il utilise en case 2 de l'extrait une sorte de "petit-nègre", parlant de lui à la 3ème personne : Mama detto bagno, Tar-Pan fa far bagno ! ikki-blik (Mama dit bain, Tar-Pan fait prendre bain, ikki-blik). Mais en case 3, il dit : Tuddi belli lavadi e lustradi, alors que l'italien correct serait : Tutti belli lavati e lustrati (tous bien lavés et lustrés). Ici ce n'est plus du langage "petit-nègre" mais un accent allemand. Pourquoi  ? Tar-Pan veut-il se moquer des garnements en les imitant ?

Blog Avventura di carta

http://nedbajalica.blogspot.fr/2012/11/300-harold-h-knerr-bibi-e-bibo.html

 

 

 

Sur un forum du site BD gest abordant la traduction des bandes dessinées, des intervenants signalent la difficulté de traduire la série. Un traducteur rappelle que les Katzenjammer kids, comme les bandes dessinées de Mickey des années 30, comportaient des mots en argot :

" Ce n'est pas un argot "dur" en soi, mais une oralité des dialogues, des accents, des trucs pas faciles à restituer (dans Pim Pam Poum, en VO, ils ont tous l'accent d'immigrés allemand, et une partie de l'humour du truc est basé là-dessus, et selon le témoignage d'un pote traducteur qui a bossé dessus, c'est un cauchemar)".

L’un des intervenants sur ce forum indique qu’une publication de planches de la série était envisagée avec une subvention de l’Etat, mais que cette subvention a été refusée car l’éditeur avait abandonné l’idée de donner l’équivalent du jargon utilisé dans la série, manquant ainsi d’en restituer une caractéristique essentielle. La publication tomba à l’eau :

https://www.bdgest.com/forum/la-traduction-des-comics-t66566.html

Enfin, pour être complet, mentionnons aussi la question de la traduction du langage des indigènes de l’île Bongo (nom le plus couramment retenu) dans les deux séries. Il semble que pour Knerr (et sans doute aussi pour Dirks), les indigènes s’expriment en anglais standard, voire même, quand il s’agit du roi chez Knerr, dans un anglais assez sophistiqué, comme il convient à un souverain, même si celui-ci est assez désinvolte.

 

Mais on trouve quelques exemples de langage dit « petit-nègre » (nous n’avons pas inventé l’expression !), en tous cas dans les versions française (ou italienne - voir ci-dessus). Il est probable que le traducteur suit ici la version originale. Ce langage est attribué à quelques individus seulement :  le pygmée Makoko, qui joue des tours aux enfants, ou  probablement Tar-Pan, et bien entendu aux personnges "blancs" qui leur répondent (voir le Capitaine ci-dessus).

Il est probable que le niveau rudimentaire de langage est employé par Knerr lorsqu’il fait parler des indigènes représentant un peuplement plus ancien de l’île (en fait des aborigènes), distinct de la population majoritaire.

 

 

Un autre problème de la publication (au moins en France) de Pim, Pam, Poum, tient aussi à la reproduction plus ou moins fidèle des planches de la version d’origine. Leur format a été modifié pour s’adapter au format plus réduit des magazines  des éditions Lug, et il est fréquent qu’ on puisse constater qu’il manque la première case de la version d’origine.

 

On peut penser que dans le Journal de Mickey (au moins dans sa version d’avant-guerre), en raison du plus grand format des pages, la  planche originale a été reproduite intégralement, mais on a déjà vu (troisième partie) que ce n'était pas certain.

La présentation de la planche originale, où le titre de la série figure, selon les époques, en première case de la planche elle-même, l’occupant en totalité ou en partie (ce qui différait des usages en France au moins à partir des années 50) a également joué, en plus des questions de format, sur le remontage des planches.

Faut-il conclure que toutes les planches publiées, au moins  par les éditions Lug, sont amputées d’une case ? Il faudrait avoir tous les moyens de comparaison pour le dire (au moins sur un panel significatif de planches).

La comparaison entre la planche originale dessinée par l’auteur (ces planches deviennent faciles à trouver sur internet sur des sites de vente aux enchères) et la planche publiée en France n’est peut-être pas suffisante pour juger, car même aux USA, il arrivait qu’une planche soit publiée amputée d’une case (mais cette amputation ne devait pas être systématique, sinon les dessinateurs n'auraient pas continué à dessiner une case inutile). Il faudrait donc comparer la version parue dans la presse américaine et celle parue en France.

 

En outre, les couleurs de la version d’origine (telle que publiée aux USA), souvent très soignées, n’ont pas été reproduites dans l’édition française pour autant qu’on puisse en juger (ni dans les rééditions prenant pour base les planches parues chez Lug), même lorsque celle-ci est en couleurs (il faudrait en savoir plus sur les techniques de reproduction).

De plus, beaucoup de planches ont paru chez Lug en noir et blanc (ou plutôt, selon les époques, dans un camaïeu de sépia, voir exemples ci-dessus) avant la généralisation des pages couleur (au début sous la forme d'une alternance pages couleur et pages noir et blanc).

 

Enfin, dernière différence entre l’édition française et l’édition américaine, la présence de sous-titres pour chaque planche (usage fréquent, sinon systématique, chez Lug ou dans Le journal de Mickey) qui n'existent pas dans l’édition originale (sauf dans les planches très anciennes des débuts de la série) .

 

 

 

 

FIN DE LA PUBLICATION DE LA SÉRIE AUX USA

 

 

 On répète que la série des Katzenjammer kids est la plus ancienne bande dessinée toujours en publication.

Toutefois, l'article Wikipedia en anglais indique :

The Katzenjammer Kids published its last strip on January 1, 2006, but is still distributed by King Features, making it the oldest comic strip still in syndication and the longest-running ever.

(...) Presently syndicated in reprint form, the strip is distributed internationally to some 50 newspapers and magazines

 (Le dernier strip des Katzenjammer kids a été publié le 1er janvier 2006 mais la série est toujours distribuée par King Features, ce qui en fait la plus vieille série toujours distribuée [in syndication] et la plus vieille à être toujours publiée... Présentement distribuée à environ 50 journaux et magazines dans le monde, la série est publiée sous forme de rééditions [in reprint form, rééditions ou reprises]).

Des amateurs ont essayé de déterminer à quelle date le dernier strip original (de Hy Eisman) a été publié, concluant, d'après les indicatons de Eisman lui-même,  que ce n'était pas le 1er janvier 2006, mais dans le cours de l'année, et se scandalisant que la fin de la plus vieille série encore en activité (c'est-à-dire la fin de la publication de gags inédits) soit passée inaperçue.

Voir les articles ou discussions ci-dessous :

https://nebushumor.wordpress.com/2015/12/12/oh-yeah-the-katzenjammer-kids-ended-nine-years-ago-and-nobody-noticed-until-now/

https://groups.google.com/forum/#!msg/rec.arts.comics.strips/gxftsbCH2GQ/wVDnrf_mAwAJ

 

On peut aussi se poser des questions sur le nombre exact de journaux "achetant", à ce jour,  les droits de publication de la série  : Il n'en reste pas moins que sur le site du King Features syndicate, la série est toujours présente et un "nouveau" gag publié chaque semaine (mais sous forme de réédition d'anciens gags).

 

Voir le site de la page des comics https://comicskingdom.com/comics

et le strip de la semaine en cours :

https://comicskingdom.com/katzenjammer-kids/2018-05-27

 

On peut se demander pourquoi le King Features syndicate ne recherche pas un nouvel auteur à la série. Sans doute est-il évident  qu'elle n'est plus "rentable", mais c'est un sacrifice qui pourrait ête fait au nom de la conservation d'un patrimoine historique...

 

 

 

 

 GEMÜTLICH ?

 

 

 

Dans un commentaire d'une planche de Dirks (de la fin des années 30) paru sur le site du 9, l'autre bande dessinée, l'auteur Harry Morgan pointe la similitude entre Willhelm Busch, l'auteur allemand qui a inspiré Dirks, et Rudolph Dirks lui-même, du point de vue de l'esprit et du graphisme :

" C’est pareil ! C’est exactement pareil. Vous voyez là un style rond, un décor domestique caractérisé par cette qualité typiquement allemande de confort et de bien-être qu’on appelle la Gemütlichkeit."

https://www.du9.org/dossier/sobd2016-commentaire-de-planche-rudolph-dirks/

 Selon Wikipedia, "La gemütlichkeit caractérise une atmosphère et un environnement chaleureux, qui procure une impression de bien-être. Elle est synonyme de modération, de sécurité, de quiétude et d'insouciance. Elle est le calme après la tempête. La gemütlichkeit est incompatible avec l'énervement, les disputes, les soucis que l'on s'impose".

 L'essayiste Johann Joseph Görres, au début du 19ème siècle, la qualifiait de concept essentiel pour comprendre l'esprit allemand.

On traduit généralement Gemütlichkeit par ambiance confortable, confort (avec sens plus moral que physique)

Et l'adjectif gemütlich  par confortable, agréable, sympathique, accueillant, douillet.

Certes l'Allemagne n'a pas toujours mis au premier plan le goût de la Gemütlichkeit, mais celui-ci, plus ou moins évident selon les époques, existe bien. 

On peut ne pas être d'accord avec Harry Morgan lorsqu'il parle de Gemütlichkeit à propos de Wilhelm Busch, tant dans le dessin (pas si rond que ça) que dans l'esprit.  

Mais le concept peut aller pour Dirks, et je crois, plus encore pour Knerr, tous deux d'origine allemande. Peut-être pourrait-on penser à une sorte de mélange entre la Gemütlichkeit allemande et le goût  du foyer et du confort qui est un élément de l'American way of life.

On pourrait parler aussi de Dolce vita à l’ américaine pour décrire l'existence des personnages (Philippe Mellot, « Pim, Pam, Poum ou la dolce vita à l'américaine », dans Le Collectionneur de bandes dessinées n°16, avril 1979, p. 26-28).

Finalement, ce qui est presque autant savoureux que les farces, dans la version Knerr de la série, c’est l’ambiance chaleureuse dans laquelle les histoires se déroulent.

Il est fréquent que tous les personnages soient réunis dans leur salon ou dans le jardin, écoutant par exemple Miss Ross lire et commenter un livre ou un journal, ce qui va donner des idées aux farceurs.

Ainsi Miss Ross commente (de manière un peu comique déjà) : C’est étonnant le nombre d’endroits où Napoléon a dormi.

Ce qui amène du tac au tac la remarque de Pam et Poum : Ici, ce sont plutôt les endroits où le Capitaine n’a pas dormi qu’il faudrait compter !

Furieux le Capitaine réagit vigoureusement contre Pam et Poum, ce qui fait que ceux-ci vont se venger.

Ils installent des  panneaux dans des endroits improbables, (buissons de cactus, mare aux cochons) indiquant : le Capitaine n’a pas dormi ici, d’ailleurs si vous en doutez, essayez !

Le Capitaine de plus en plus irrité de voir qu’on se paie sa tête, tombe dans le panneau. Pour échapper à un chat sauvage, il doit se réfugier dans une cage roulante (matériel très utile pour les farces !) où il se retrouve enfermé. Les enfants l’abandonnent dans sa cage alors que la nuit tombe et que les moustiques apparaissent, en laissant sur la cage une dernière affiche : ici non plus, le Capitaine n’a pas dormi, les moustiques ne l’ont pas voulu !

 

Certes le confort et la tranquillité qui sont évoquées sous le nom de gemütlichkeit (substantif) ou de gemütlich (adjectif) ont, a priori, peu à voir avec les gros pétards, les nids de guêpes, la glu, les chats sauvages, qui sont les ingrédients habituels des farces des garnements. Mais le confort et l’amour du foyer existent bien dans la série, et les farces ne le mettent pas vraiment en cause ; comme on l’a dit elles sont aussi le moyen de donner du prix à la douceur de l’existence. Combien de planches s’achèvent d’ailleurs sur les membres de la famille, réconciliés, dégustant des tartes ou pêchant tranquillement à la ligne ?

 

 

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 Dolce vita. L'Astronome lit la météo du jour. "Beau et plus chaud". Le Capitaine soupire : "Puey". Tous deux fument le cigare. Tante Pim, avec ombrelle et canotier incliné coquettement sur l'oreille, prévient:  "Pas de cidre et de poker pendant que je suis sortie, sinon gare..." Le Capitaine et l'Astronome : " Bien sûr, Mama".

C'est compter sans Pam et Poum et le singe qui imite tout ce qu'il voit.

Harold Knerr, planche originale du 9 juin1946.

site Comic art fans http://www.comicartfans.com/gallerypiece.asp?piece=862937

 

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 Jours tranquilles à Bongo.

http://fredandrieu.tumblr.com/post/172164732045/harold-hering-knerr-1948

 

 

 

 

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Image de la tranquillité domestique, la cuisine de Tante PimLe Capitaine a la goutte  et dort à l'ombre.

Tante Pim : Dès que la soupe sera prête, je vais la porter au Capitaine !

Adolphe : Je vais mettre une table dehors pour le cher Capitaine, Mrs. K !

Miss Ross : Adolphe (Rollo) est toujours tellement serviable !

Comme on peut le deviner, la serviabiité d'Adolphe cache des intentions machiavéliques.et cette belle  tranquillité ne va pas durer.

Extrait de la planche du dimanche de Knerr du 9 janvier 1938. Forum Lefranc, Alix, Jhen et les autres.

 http://lectraymond.forumactif.com/t909p150-the-katzenjammer-kids-pim-pam-poum

 

 

 

 

Le même auteur cité plus haut fait également une remarque qu’on peut juger curieuse : il trouve étonnant que les personnages, au bout de tant d’années (rappelons qu’il commente une planche de Dirks des années trente), conservent toujours leur jargon anglo-germanique et que leur prononciation n’ait pas fait de progrès, tout en l’expliquant par le fait qu’ils habitent une "île déserte" et donc que le phénomène d’acculturation ne joue pas.

On trouvera un peu oiseux d’appliquer aux personnages d’une bande dessinée des considérations d’évolution fondées sur le monde réel. A ce compte-là, les personnages auraient aussi dû changer de costume – et pourquoi pas vieillir ! Or, on sait que les personnages de bandes dessinées – même si la série dure cinquante ans et plus, ne vieillissent pas et changent rarement de costume quand celui-ci est caractéristique (au mieux le costume évolue un peu, comme la tenue de groom de Spirou ou les culottes de golf deTintin, remplacées par un jean). Alors pourquoi leur accent aurait-il dû changer ?

Et ensuite, l’île Bongo n’est pas une ile déserte, loin de là. Certes elle n’est pas peuplée d’Américains qui pourraient influer par leur prononciation sur les façons de parler des personnages – pour suivre le raisonnement de l’auteur.

Mais celui-ci n’a-t-il  jamais rencontré de Portugais (par exemple) vivant en France depuis 50 ans et qui pourtant parlent toujours avec un fort accent portugais ?

Ce qui est plus amusant à constater, c’est que malgré tant d’années, le langage anglo-germanique caractéristique des personnages s’est maintenu jusqu’aux dernières publications de la série, sous le crayon de Hy Eisman, au début du 21ème siècle (voir exemples en quatrième partie et ci-dessous).

 

 

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 Dessin amical de Hy Eisman (2003), où l'on voit que le langage germano-anglais des personnages n'a pas été abandonné.

"Diss iss fer Tom ...Mit our best vishes " (anglais correct : This is for Tom, with our best wishes - c'est pour Tom, avec nos meilleurs voeux).

Site de vente The saleroom

https://www.the-saleroom.com/en-gb/auction-catalogues/chaucer-auctions/catalogue-id-srchau10031/lot-2d132b62-a659-4bf7-858b-a4d4010f9278

 

 

 

 

 

 

 

HALL OF FAME

(SALLE DE LA RENOMMÉE)

 

 

 

Le célèbre dessinateur de comics Will Eisner (mort en 2006), le créateur du super-héros détective The Spirit, a créé une sorte d’académie de la bande dessinée et du dessin d’humour, comprenant des membres vivants et des membres à titre posthume. Cette académie est nommée Hall of Fame (la traduction pourrait être : salle de la renommée). Chaque année un nouveau membre est élu par les membres du Hall of Fame.

Parmi beaucoup de noms de créateurs américains et du monde entier (certains peu connus en France), on trouve des grands noms de la bande dessinée européenne, dont Hergé, Moebius ou plus étonnant, Tardi.

Parmi les grands ancêtres américains, on trouve justement Rudolph Dirks et Outcault (dont on a parlé en première partie). Mais pas Knerr…

Peu importe ici, nous aussi nous voulons conclure par un Hall of Fame en donnant la photographie de tous ceux qui ont été les auteurs titulaires de la double série, de 1897 au début du 21ème siècle.

 

 

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 Rudolph Dirks (1877-1968). Créateur de la série en 1897.

Dessine la série de 1897 à 1913 sous le titre The Katzenjammer kids, puis à partir de 1914 (rupture avec le journal de Hearst) publie sa propre version de la série sous le titre The Captain and the kids, tandis que Hearst fait rependre la série d'orgine par Knerr la même année.

La série est signée de son nom jusqu'à sa mort en 1968 (en fait, cède la place à son fils au milieu des années 50).

 Photo sur FORUMPIMPF.NET, Les Forums de la BD et des Littératures Populaires

http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=24103&start=20

 

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 Harold H. Knerr (1882-1949).

Dessine la série sous le titre The Katzenjammer kids de 1914 à 1949. Comme son "rival" Dirks, Knerr pose devant sa planche à dessin, avec la même tenue un peu formelle : gilet, cravate.

Photo sur FORUMPIMPF.NET, Les Forums de la BD et des Littératures Populaires

 http://www.forumpimpf.net/viewtopic.php?f=1&t=24103&start=20

 

 

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 Doc Winner (1885-1956).

Dessine The Katzenjammer kids de 1949 (après le décès de Knerr) à 1956.

 https://www.bedetheque.com/auteur-13774-BD-Doc-Winner.html

 

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Joe Musial (1905 -1977).

Dessine The Katzenjammer kids de 1956 (après le décès de Winner) à 1976.

 http://www.mandrakewiki.org/index.php?title=Joe_Musial

 

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 John Dirks, fils de Rudolph (1917-2010).

Bien qu'actif sur la série The Captain and the kids depuis la fin des années 40 et probablement responsable de celle-ci à partir de 1955 ou 1958, ne signe la série qu'après la mort de son père en 1968, jusqu'en 1979 (arrêt de la série par le syndicate).

Capture d'écran You Tube, interview de John Dirks pour une chaîne locale américaine en 1994. Comme l'indique le sous-titre, John Dirks était aussi, au moment du tournage de ce reportage, directeur du musé d'Ogunquit (Maine), la ville où il résidait. (https://www.youtube.com/watch?v=447bi1PY8Gs)

.

 

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 Mike Senich (1912-2006), article de journal.

Dessine la série The Katzenjammer kids de 1976 (retrait de Musial pour cause de maladie) à 1981.

 Site Stripper's Guide https://strippersguide.blogspot.fr/2016/08/ink-slinger-profiles-by-alex-jay-mike.html

 

 

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 Angelo DeCesare (né en ? ), ici lors d'une convention d'auteurs de comics

Dessine la série The Katzenjammer kids de 1981 à 1986.

 http://www.flipandmuzz.com/photos_videos.html

 

 

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 Hy Eisman (né en 1927).

Dessine la série The Katzenjammer kids de 1986 à  2006.

NJ com. article du 1er octobre 2012 par Peter Genovese.

 http://www.nj.com/entertainment/index.ssf/2012/10/old-school_storyteller_cartoon.html

 

 

 

 

 CONCLUSION

 

 

 On peut être étonné, étant donné la longévité et l'importance de la série dans l'histoire de la bande dessinée (pour ne rien dire de sa qualité à certains moments), de la rareté des publicatons récentes qui lui sont consacrées en France, à une époque où on on réédite beaucoup de choses, non seulement de "l'âge d'or", mais des époques plus récentes, parfois en s'arrêtant en cours de réédition, il est vrai.

Entre 1981 et 2012, on trouve à peine quelques rééditions en France ou pays francophones : un album chez Slatkine (spécialiste des réimpressions) en 1981, un album aux éditions Vents d’ouest en 1993, enfin en 2012 une réédition plus conséquente d’un choix de planches de Knerr, Winner et Musial aux éditions Michel Lafon.

 

On peut y ajouter une histoire complète (ou plutôt un récit aux contours imprécis, centré autour de l'exploration par les jumeaux d'une île perdue où survivent des hommes et des animaux préhistoriques) de 46 pages de Rudolph Dirks de 1957 (et probablement due principalement à son fils John) titrée Les kids, en 1992 chez Bagheera (cet éditeur n'a pas utilisé le titre Pim, Pam, Poum).

Bien peu pour une série si longue…

Et il ne semble pas qu’on trouve mieux dans le pays d’origine de la série, aux USA.

Alors il reste, pour le public francophone,  le marché de l'occasion pour retrouver les vieux fascicules  Lug ou les anciens numéros de Mickey ou d'autres publications.

Mais on se prend à rêver de ce que serait une publication, non de l'intégralité, mais d'un choix copieux de planches de la série, réalisé à parir des parutions d'origine, avec les couleurs et le découpage d'origine, et une traduction s'attachant à restituer tout le sel des dialogues d'origine.

Il est pemis de rêver.

 

 

 

 

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 Poum : Allez Léna, sois sympa (be a sport) et dis-nous où est Adolphe (und tells us vare iss der Rollo, anglais correct : and tell us where is Rollo; noter : der Rollo, "le" Rollo).

Léna :  Peut-être qu'un mince pie (tarte traditionnelle à la cannelle et au raisins, d'origine anglaise) et une paire de sucettes rafraîchiraient ma mémoire.

Dernière case de la planche du dimanche de Knerr du 2 janvier 1938. Forum Lefranc, Alix, Jhen et les autres.

 http://lectraymond.forumactif.com/t909p150-the-katzenjammer-kids-pim-pam-poum