A PROPOS D’UNE PHOTO DE DONALD TRUMP

DEUXIEME PARTIE

 

 

 

 

 

 

 

 

LES OCCIDENTAUX ET LA GUERRE CIVILE GRECQUE

 

 

 

 

Pour reprendre l’un des personnages historiques cités précédemment, Churchill (et après lui ses successeurs au gouvernement, et les Américains) a appuyé, politiquement et militairement,  les forces de droite (principalement royalistes) contre les communistes durant la guerre civile en Grèce (1946-1949, mais les confrontations ont commencé avant 1946)

 

L’action combinée des résistants grecs (représentés par l’ELAS, le mouvement le plus puissant, de tendance communiste, fondé par Aris Velouchiotis, l’EDES royaliste du général Zervas, militaire anciennement républicain, et l’EKKA, centriste de Dimitrios Psarros)  et des troupes britanniques, avait mis fin à l’occupation allemande en Grèce à la fin de 1944.

 

Mais le risque était grand d’une prise de pouvoir par les communistes, bien armés et bien implantés dans la population dans un pays marqué par de fortes inégalités sociales.

 

Dès 1943, l’ELAS pro-communiste avait commencé à éliminer physiquement les membres de l’EKKA (dont son chef Psarros) et se trouvait en position de force avec 50 000 combattants.

 

Les communistes refusaient notamment le retour du roi Paul Ier en Grèce (il était réfugié en Egypte sous protection britannique depuis l’occupation allemande). Ils formèrent avec d’autres progressistes un gouvernement de libération nationale (EAM).

 

Le premier ministre du roi, le libéral Papandréou, se réinstallait à Athènes libérée, la question du retour du roi étant renvoyée à un referendum.  Papandreou et le général britannique Scobie décidèrent le désarmement des groupements de résistance, se heurtant à l’opposition de l’ELAS qui refusait de rendre les armes.

 

A Athènes, une manifestation communiste de 200 000 personnes fut violemment réprimée par la police appuyée par les troupes britanniques en décembre 1944, suivie par un mois de violences et de combats à Athènes (dekemveria, événements de décembre, en grec).

 

Pour éviter un embrasement, Churchill, alors que la guerre mondiale n‘était pas encore terminée en Europe, arriva en Grèce et traversa Athènes en blindé, dans une ville où tout pouvait arriver, pour participer à une conférence de tous les partis.

 

Churchill était personnellement en faveur du rétablissement de la monarchie, par traditionalisme et par sympathie personnelle pour le roi Paul Ier.

 

Afin de gagner du temps, il mit en place un gouvernement intérimaire confié à l’archevêque Damaskinos avec le titre de Régent.

 

Churchill avait d’abord pris l’archevêque pour « un prêtre du Moyen-âge », avant d’être séduit par son humour et son caractère bien trempé : Churchill l’ignorait peut-être, mais l’archevêque avait protégé les Juifs pendant la guerre, ce qui lui vaudrait plus tard le titre de Juste parmi les Nations.

 

 

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 Winston Churchill avec l'archevêque Damaskinos à Athènes en décembre 1944, lors des discussions entre tous les partis qui débouchent sur la nomination comme Régent de Mgr Damaskinos.

 

Site History of Greece, The Greek Civil War

https://www.ahistoryofgreece.com/civilwar.htm

 

 

L’URSS (représentée à la conférence d’Athènes) ne bougea pas, ayant semble-t-il accepté que la Grèce fasse partie de la zone d’influence occidentale –ce qui lui laissait les mains libres ailleurs.

 

Les communistes, n’ayant pas obtenu ce qu’ils escomptaient aux négociations, conclurent un cessez-le-feu leur permettant de se replier, abandonnant Athènes.

 

Dans les zones où ils étaient puissants, les communistes pratiquaient une « terreur rouge » à l’encontre non seulement des anciens collaborateurs des Allemands, mais des partisans du gouvernement d’Athènes et même des révolutionnaires de tendance minoritaire (trotskystes).

 

Après quoi le parti communiste signa des accords de paix (février 1945) pour des élections libres, le désarmement et un referendum sur le rétablissement de la monarchie. L’ancien leader de l’ELAS, Velouchiodis, en désaccord avec cet apaisement et avec le nouveau leader communiste Zachariadis, tenta d’appeler au soulèvement et se suicida alors qu’il était encerclé.

 

 

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Le Régent Damaskinos en visite à bord du navire de guerre britannique HMS Ajax (HMS = His majesty's ship, navire de sa majesté) en rade du Pirée en mars 1945.

A ses côtés le Vice-amiral Mansfield. Derrière lui, en chapeau et pardessus, le Premier ministre grec le général Plastiras.

Imperial War Museum

http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205159308

 

 

Mais cette paix allait être de courte durée. L’arrestation de nombreux communistes par le gouvernement, en dépit de l’amnistie qui ne couvrait pas les actes criminels, amena les communistes à prendre le maquis en grand nombre.

Une « terreur blanche » fut exercée contre les communistes dans certaines zones, présentée comme une vengeance contre les exactions des communistes.

Les forces gouvernementales, ayant besoin d’hommes, recrutaient parmi les anciens collaborateurs des Allemands, avec l’assentiment des Britanniques.

Même si Mac Millan, l’envoyé britannique en Méditerranée (futur Premier ministre, Harold Mac Millan représenta le gouvernemnt britannique dans la zone méditerranéenne jusqu'au milieu de 1945), déclarait aux officiers sur place : « Nous n’avons pas la moindre intention d’être un outil au service d’une politique de réaction de droite », c’était bien le cas, mais les Britanniques n’avaient pas vraiment le choix.

Churchill quitta le gouvernement en juillet 1945, après la défaite des conservateurs aux élections  et c’est le travailliste Clement Attlee qui devint Premier ministre.

 

En février 1946, le parti communiste grec, encouragé par l’attitude générale de l’Union soviétique en Europe, décida de reprendre la lutte contre le régime grec, qualifié de « monarchico-fasciste ». Il boycotta les élections de mars 1946 et déclara ensuite que le referendum en faveur du maintien de la monarchie en septembre, avait été truqué.

 

En mars 1946, les forces communistes de la nouvelle Armée démocratique de Grèce (DES) commandées par le général Markos (Markos Vafiadis) déclenchèrent les hostilités contre le gouvernement.

 

Les civils notamment dans les zones rurales, furent pris entre deux feux.

 

Clement Attlee, l’homme qui institua la sécurité sociale en Grande-Bretagne et le Welfare State (état-providence), qui commença la décolonisation, considéré comme un des plus grands Premiers ministres britanniques, continua et accentua la politique de Churchill en Grèce, soutenant le gouvernement et l’armée grecque.

 

« De gauche » en Grande-Bretagne, le gouvernement Attlee menait une politique favorable à la droite en Grèce, au nom de la lutte anti-communiste.

 

Selon un officiel britannique, la Grèce était alors un quasi-protectorat britannique.

 

Puis en février 1947 les Britanniques, en proie à des difficultés financières et à d’autres soucis en Inde, en Palestine,  annoncèrent leur intention de se désengager en Grèce et demandèrent aux Américains de prendre le relais.

 

Toutefois les derniers Britanniques ne quittèrent vraiment la Grèce qu’en 1950.

 

En mars 1947, le président américain Harry Truman prononça  son célèbre discours devant le Congrès dans lequel il  invitait les puissances occidentales à mener une politique de containment contre le communisme (voir les extraits du discours de Truman en annexe dans notre troisième partie).

Il annonça son intention d’aider la Grèce et la Turquie.

 Pour autant, le président Truman était conscient que l'assistance des Etats-Unis pouvait être critiquée par certains secteurs de l'opinion :

" Aucun gouvernement n'est parfait. (...) Le gouvernement de la Grèce n'est pas parfait. Néanmoins, il représente 85% des membres du Parlement grec ...

(...)

Le gouvernement grec opère dans une atmosphère de chaos et d'extrémisme. Il a fait des erreurs. L'aide accordée par notre pays ne signifie pas que les Etats-Unis approuvent tout ce qui a été fait par le gouvernement grec ou tout ce qu'il fera. Nous avons condamné par le passé et nous condamnons maintenant les mesures extrémistes de gauche et de droite. Nous avons conseillé la tolérance par le passé et nous conseillons la tolérance maintenant."

 

Dès février 1947, l’escale au Pirée  du cuirassé américain Missouri suscita l’enthousiasme de la population (non communiste, évidemment) comme l’escale quelques mois après du cuirassé Franklin Roosevelt.

 

Pendant ce temps, les communistes tenaient les zones de montagne. Ils commirent l’erreur de passer d’opérations de guérilla à des opérations de guerre classique pour tenter de s’emparer de villes, qui leur causèrent de lourdes pertes sans résultats. En même temps ils formèrent un gouvernement, non reconnu par les autres puissances.

 

Les opérations communistes s’étendirent jusqu’à l’Attique, près d’Athènes,  tandis que le gouvernement légal arrêtait les sympathisants communistes, internés dans des îles.

 

Les forces communistes tenaient 70% du Péloponnèse avec 20 000 hommes et avaient de très nombreux sympathisants partout. L’URSS et la Yougoslavie les aidaient.

 

De l’autre côté, après une période de mise en route difficile, l’aide occidentale et surtout américaine arrivait à flot.

 

Chaque camp reprochait à l’autre d’enlever des enfants en grand nombre pour les endoctriner.

 

En juin 1948, l’URSS rompit ses relations avec Tito, le dirigeant yougoslave, désapprouvant en même temps le soulèvement communistes en Grèce.

 

Au même moment les forces communistes subissaient une lourde défaite dans le Péloponnèse.

 

Les communistes grecs, bien que désapprouvés par Staline, choisirent de rester fidèles à ce dernier contre Tito. En réponse, Tito ferma sa frontière aux communistes grecs en juillet 1949.

 

Cette décision coïncida avec l’offensive des troupes gouvernementales dans le nord de la Grèce qui fut un succès.

 

Les forces communistes du nord se réfugièrent en Albanie, puis le reste des forces communistes quitta la Grèce et fut recueilli par les Soviétiques à Tachkent (Azerbaïdjan). Zachariadis, le leader communiste, appela au cessez-le-feu en octobre 1949.  La guerre était finie.

 

La guerre civile grecque fit plus de morts (158 000) et causa plus de destructions que l’occupation allemande.

 

En 1952, la Grèce entra dans l’OTAN.

 

Les USA avaient repris le rôle de protecteurs de la Grèce exercé autrefois par la Grande-Bretagne et le conservèrent  pendant les vingt années suivantes.

 

En 2008, lors d’un sondage, 43% des grecs interrogés répondaient que c’était mieux pour la Grèce que la droite ait gagné la guerre, 13% que ç’aurait été mieux que la gauche gagne, 20% répondaient « ni l’un ni l’autre » et 24% ne se prononçaient pas. Et (de façon un peu contradictoire), à la demande « si vous aviez vécu à cette époque, quel camp auriez vous choisi ? », 39% ont répondu “aucun”, 14% ont répondu la droite, 23% la gauche, 24% ne se prononçaient pas.

 

(source : Wikipedia en anglais)

 

Encore faut-il nuancer lorsqu’on parle de droite et de gauche. La gauche était essentiellement représentée par le parti communiste et la droite comprenait les partis anticommunistes, allant de la droite extrême jusqu’au centre gauche.

 

 

 

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Séance d'entraînement de militaires grecs avec des instructeurs britanniques pendant la guerre civile.

(Photo by Keystone Features/Getty Images). 1947

Gag Daily Educative, Greek Civil War

 http://www.gagdaily.com/educative/1392-greek-civil-war.html

 

 

 

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 Le roi Paul Ier de Grèce (lunettes noires) et la reine Frederika visitent le croiseur américain USS Providence (USS = Unites States ship, navire de guerre des Etats-Unis) en escale au Pirée, vers mai 1947.

en.Wikipedia

 

 

 

 

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 Le général Vadzis (à droite), commandant des forces gouvernementales grecques, en conférence avec le général américain Van Fleet (au centre) et le major-général britannique Down, 22 mai 1948.

(Photo by Bert Hardy/Picture Post/Getty Images).

Gag Daily Educative, Greek Civil War

http://www.gagdaily.com/educative/1392-greek-civil-war.html

 

 

 

LES OCCIDENTAUX ET LE GENERAL FRANCO

 

 

 

 

 

 

 

Roosevelt devait mourir peu de temps avant la fin de la seconde guerre mondiale, après avoir participé à la conférence de Yalta, alors que la victoire était acquise en Europe. C’est son vice-président, Harry Truman, qui lui succéda et qui prit la décision de lancer deux bombes atomiques sur le Japon, mettant fin à la guerre en Extrême-Orient.

 

Roosevelt, peu avant son décès,  exprima l’idée qu’il fallait soutenir le régime de Franco car c’était un rempart contre le communisme.

 

Pendant la guerre civile, Franco avait reçu l’aide de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste.

 

Il était donc difficile pour lui de ne pas remercier ceux qui l’avaient aidé en leur apportant son soutien.

 

Mais pendant la 2ème guerre mondiale, malgré les pressions de l’Allemagne et l’envoi symbolique d’une division espagnole sur le front de l’Est, Franco se débrouilla pour rester neutre et  louvoyer entre les belligérants mais en  inclinant de plus en plus du côté des alliés.

 

Il facilita le passage des résistants français vers l’Afrique du nord, moyennant un passage dans les camps d’internement espagnols – car il fallait conserver l’apparence de la neutralité ;  puis les fugitifs étaient remis aux autorités britanniques à Gibraltar et dirigés sur l’Afrique du nord ralliée à la France libre.

 

Dans les pays occupés par les nazis ou alignés sur la politique hitlérienne, les diplomates espagnols délivrèrent des certificats de nationalité aux Juifs de lointaine origine espagnole, leur permettant d’être protégés en tant que ressortissants d’un pays neutre.

 

Il semble toutefois que l’aide du régime de Franco aux Juifs a été délibérément grossie après la guerre dans le but d’attirer les sympathies des vainqueurs. Il apparait que Franco ne souhaitait pas que de trop nombeux juifs se réinstallent en Espagne – mais au final, il ne fut pas question de persécution ou de remise aux Nazis. des évadés.

 

Franco avait donc bon espoir de rester en place après s’être fait bien voir des vainqueurs de la guerre mondiale (sauf des Soviétiques, bien entendu).

 

Le démocrate sincère qu’était Roosevelt n’avait sans doute pas de sympathie pour le régime de Franco, mais il faisait le choix du moindre mal. Le franquisme n’était pas une menace pour les Etats-Unis, le communisme oui. Or le communisme pouvait gagner du terrain en s’imposant dans un pays, puis dans un autre. C’était la théorie des dominos. Il fallait donc soutenir les régimes anticommunistes, donc soutenir Franco.

 

Devenu président,  Truman ne reprit pas à son compte la position de Roosevelt vis-à-vis de Franco, qui se retrouva isolé,dans les premières années suivant la guerre. Pourtant Truman était tout-à fait anticommuniste et sa position est difficile à expliquer. Devons-nous ranger Truman parmi les « antifascistes » au sens actuel ? Il est évident que non...

Un président qui dans sa jeunesse avait appartenu au Klu-Klux-Klan et qui expliquait plus tard qu’il n’y était pas resté parce que le Klan détestait les catholiques et les juifs alors qu’il avait des amis catholiques et juifs (mais sans rien trouver à redire en ce qui concerne les Noirs – il est vrai qu’on imagine mal quelqu’un entrer au Klan et s’apercevoir ensuite qu’ils n’aiment pas les Noirs) est assez loin de l’idée qu’on se fait aujourd’hui d’un antifasciste (et même d’un démocrate).

Truman était un démocrate des années 30-50, ni plus ni moins que beaucoup d’autres et plus « social » que ses adversaires du parti Républicain.

Truman jugeait probablement le régime franquiste comme bigot et rétrograde, ce qu’il était, surtout  vu d’Amérique où la plupart des pays européens étaient jugés archaïques…

Mais surtout, en tant qu'Américain, il était attaché à la tolérance religieuse. Or le régime de Franco interdisait le culte protestant.

Il est probable que l'interdiction de la franc-maçonnerie par Franco jouait aussi un rôle. Même si la franc-maçonnerie espagnole, plus politisée, était assez différente de la franc-maçonnerie américaine, Truman, qui était un franc-maçon assidu, ne pouvait sympathiser avec un régime qui persécutait la maçonnerie. 

L’hostilité de Truman au régime de Franco fit que l’Espagne ne bénéficia pas (initialement) des aides du plan Marshall.

 

 

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 Le président Harry Truman, au centre, lors d'une réunion de Shriners à Springfield (Illinois) en 1951, selon l'autographe du président figurant sur la photo.

Les Shriners sont une association paramaçonnique à but charitable, créée dans les années 1870 : pour être Shriner, il fallait à l'origine avoir atteint le rang élevé de 32ème degré dans la maçonnerie dite écossaise ou 18ème degré du rite d'York. Aujourd'hui il suffit d'être maçon. Les Shriners portent un fez oriental de fantaisie et leurs temples sont (ou étaient) appelés "mosquées" (sur les Shriners, voir nos messages La franc-maçonnerie dans le monde, 2ème partie).

http://www.ozarksalive.com/history-shines-through-springfields-shrine-mosque

 

 

 

 

Mais les Américains se rapprochèrent assez vite de l’Espagne franquiste, considérée, comme Roosevelt l’avait déjà préconisé, en tant qu'élément de l’alliance anticommuniste.

Dès 1947 les Etats-Unis s'opposent à une nouvelle condamnation de l'Espagne par l'ONU. Puis le gouvernement espagnol reçoit des aides de banques américaines, avec l'accord du gouvernement américain.

Des officiels américains se rendent en Espagne dont le rôle stratégique dans la guerre froide apparait primordial.

En 1950, le gouvernement espagnol indique aux Etats-Unis qu'il est prêt à envoyer des troupes en Corée aux côtés des pays occidentaux. Le gouvernement américain l'en remercie et " dès le mois suivant le Sénat, sur proposition du Démocrate Pat McCarran — membre du Spanish Lobby [créé par l'ambassadeur officieux de l'Espagne aux USA] ... autorise l'Export-Import Bank à accorder à l'Espagne un crédit de 62,5 millions de dollars." (Wikipedia, article Accords de Madrid de 1953)

 

Le 4 novembre 1950 l'Assemblée générale de l'ONU annule par une large majorité la résolution de condamnation du régime franquiste de décembre de 1946. Les États-Unis votent pour, de même que 37 autres pays, la France et le Royaume-Uni s'abstiennent, de même que 10 autres pays, et 10 pays votent contre. Dans les mois suivants rentrent à Madrid les ambassadeurs occidentaux et est approuvé l'entrée de l'Espagne dans les organismes internationaux spécialisés de l'ONU.

 (Wikipedia, article Accords de Madrid de 1953)

Pourtant, en février 1952, alors que des négociations sont entreprises avec l'Espagne pour des accords de coopération militaire et économique, le président Truman déclare encore publiquement qu'il n'a jamais eu une grande sympathie pour l'Espagne, ce qui ne manque pas d'irriter le gouvernement espagnol.

Le remplacement de Truman par Eisenhower (Républicain) à la présidence des Etats-Unis en 1953 lève les derniers obstacles.

En septembre 1953, trois accords sont signés concernant  l’accès aux Américains de certaines bases espagnoles, la coopération militaire et l’aide financière des USA à l’Espagne.

L’Espagne fut admise à l’ONU en 1955, grâce notamment à l’appui américain.

Un pas décisif fut franchi dans la normalisation du régime espagnol lorsque le président Eisenhower se rendit en visite officielle en Espagne en 1959.

 

Le général Franco était ravi de sortir cette preuve de normalisation. La courte visite du président américain fut exploitée au maximum par le régime franquiste, le Caudillo (le Chef, nom donné à Franco) se faisant un plaisir de parader en voiture découverte auprès de Eisenhower.

 

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 Visite du président Eisenhower en Espagne, décembre 1959. Le président et le général Franco saluent la foule.

Photo Universidad de Alcalá.

 http://dspace.uah.es/dspace/handle/10017/5538?show=full

 

 

 

Par la suite, le président républicain Nixon rendit visite à Franco, traité maintenant en allié fidèle des Etats-Unis, puis le président Gerald Ford.

 

Par contre les Démocrates Kennedy et Johnson ne rencontrèrent pas Franco –soit que l’occasion ne se soit pas présentée, soit qu’ils aient évité de rencontrer un chef d’état contesté.

 

Tout en restant une dictature conservatrice, le régime s’ouvrit à l’extérieur –d’autant que c’était nécessaire pour parvenir à augmenter le niveau de vie des Espagnols qui restait loin derrière celui des pays européens industrialisés. On date le début du développement économique  du « plan de stabilisation » de 1959 lancé par des ministres qualifiés de technocrates, souvent membres de l’Opus Dei, dont l'influence est grandissante à partir de ce moment.

 

Le tourisme fut encouragé, et sur la Costa Brava, les résidences en béton pour touristes envahirent le paysage.

Le ministre de l’information, l’habile Fraga Iribarne, trouva un slogan pour attirer les visiteurs e quête de plage et de soleil :

Spain is different

 

Le même en 1964 fut chargé de commémorer les 25 ans du régime. Il arriva à le faire sans évoquer la guerre civile ou l’idéologie franquiste.

La commémoration se fit avec le slogan 25 años de paz (25 ans de paix) et sur la série de timbres émis à cette occasion, on ne trouve aucun motif triomphaliste lié à la guerre ou à l'idélogie franquiste, mais des images du développement sous toutes ses formes (agriculture, habitation, énergie, sport, transports, tourisme) et le rameau d'olivier, symbole de paix.

 

 

 

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Série de timbres émise en 1964 à l'occasion de la campagne "25 años de paz".

Site de vente philatélique Filatelia Vitoria

http://www.filateliavitoria.net/index.php?main_page=index&cPath=240_244_245_1388_1403

 

 

Fraga Iribarne fut, après la mort de Franco et la transition démocratique, le fondateur du parti Alianza Popular, qu’il transforma ensuite en Partido Popular (Parti populaire), c’est-à-dire la droite de gouvernement espagnole. Il laissa ensuite la présidence du parti à son dauphin, José María Aznar.

Fraga, qui était galicien (comme Franco) fut élu puis réélu pendant 15 ans président de la région autonome de Galice de 1989 à 2005 et mourut en 2012.

De façon surprenante pour un supposé anticommuniste, il noua des relations plutôt amicales avec Fidel Castro, lui aussi d’origine galicienne, aussi bien à l’occasion de visites de Castro en Espagne que de Fraga à Cuba.

 

 

En 1972, 33 millions de touristes visitent l’Espagne.

 

A la même période, le produit intérieur brut progresse de 7% par an.

 

En 1973, l’URSS et l’Espagne renouent leurs relations diplomatiques.

 

Les pays démocratiques européens renâclaient toujours à considérer l’Espagne comme un état « fréquentable » (même si tous entretenaient avec elle des relations diplomatiques). La demande d’admission de l’Espagne au Marché commun (CEE)  déposée dès 1962, n’aboutit pas avant la démocratisation du pays, même si des accords bilatéraux sont signés.

 

Ce n’est qu’en 1982 que l’Espagne put entrer à l’OTAN (les Américains n’avaient pu imposer à leurs alliés l’admission à l’OTAN de l’Espagne non-démocratique) et dans la CEE.

 

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 Le président des USA Richard Nixon en visite officielle en Espagne en octobre 1970, reçu par le général Franco. Derrière le président Nixon, Henry Kissinger, Secrétaire d'Etat américain (ministre des affaires étrangères).

archyworldys.com

http://archyworldys.com/eisenhower-to-bush-so-were-the-other-us-presidents-visits-to-spain/

 

 

 

A ses débuts, le régime franquiste fut d’abord tiraillé entre des tendances fascistes (celles de la Phalange espagnole, mouvement créé par José Antonio Primo de Rivera, exécuté par les républicains pendant la guerre civile) et le conservatisme classique. Le régime se proclama « totalitaire » puis supprima cette référence qui devenait mal portée de sa constitution.

 

On admet que Franco parvint à noyer les tendances phalangistes (ou fascistes) dans un parti unique conservateur (ou ultra-conservateur si on veut), la Phalange traditionaliste, ou Mouvement national, qui correspondait à sa propre idéologie.

 

L’idéal de l’Espagne franquiste était exprimé par la devise « Una, grande, libre ».

 

Le premier terme « Una » avait une importance particulière, il s’agit de l’équivalent de la république « une et indivisible » chez les Français. Le franquisme se donnait autant comme but de combattre le communisme (et les partis de gauche qu’on pouvait amalgamer au communisme) que de défendre l’unité du pays contre les nationalismes régionaux.

 

Ainsi beaucoup de républicains français qui détestent les nationalismes régionaux (bien moins développés en France qu’en Espagne) pourraient reconnaître, avec un peu d’honnêteté, qu’ils ont au moins quelque chose en commun avec le franquisme.

 

On se souvient dans les derniers temps du franquisme de l’émotion suscitée par la condamnation à mort et l’exécution de militants basques de l’ETA, en 1972 (pour des attentats meurtriers contre des Gardes civils, la gendarmerie espagnole). Cette condamnation émut l’opinion publique internationale –notamment française – parce que les membres de l’ETA paraissaient, avant tout, lutter contre le franquisme…

 

Mais la dimension nationaliste du combat d’ETA était peu perceptible à l’époque (du moins dans une vision extérieure superficielle).

 

Pourtant, une fois l’Espagne démocratisée après la mort de Franco en décembre 1975 (nouvelle constitution démocratique avec statut d’autonomie des régions, 1978), l’ETA devait poursuivre son combat pour l’indépendance du Pays basque, avec le même recours au terrorisme qu’à l’époque du franquisme finissant.

 

A ce moment, son action ne suscitera plus la même sympathie de la part de l’opinion étrangère.

 

On peut dire la même chose pour le mouvement catalaniste (généralement plus pacifique que le mouvement basque). Au début des années 60, des militants comme Jordi Pujol, futur président de la Generalitat de Catalunya autonome dans les années 90, furent arrêtés par le régime franquiste en raison de leur engagement en faveur de l’identité catalane.

 

Anticommuniste, réprimant les tendances nationalistes régionales (avec interdiction de l’usage public des langues régionales), le franquisme était aussi un régime protégeant les hiérarchies sociales traditionnelles et prétendant défendre la morale chrétienne et l’Eglise catholique, celle-ci étant associée à toutes les manifestations du régime. On parle parfois de « national-catholicisme » pour caractériser l’idéologie franquiste .

 

Un Concordat avait été signé avec le Vatican en 1953, permettant au régime de se prévaloir de bonnes relations avec l’Eglise.

 

A partie de 1959 et surtout dans les dernières années du régime, après 1969, la plupart des ministres et des hauts responsables furent membres de l’Opus Dei, cette congrégation religieuse conservatrice ouverte aux laïcs (au sens de membres n’appartenant pas au clergé) et parfaitement reconnue par le pape.

 

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 Ronald Reagan, à l'époque gouverneur de Californie, rend visite au général Franco en 1972.

Au centre, le ministre des affaires étrangères espagnol de l'époque, López Bravo, membre de l'Opus Dei.

http://www.artehistoria.com/v2/obras/21081.htm

 

 

 

 

Le général de Gaulle, visitant l’Espagne en juin 1970 à titre privé, après son départ du gouvernement en 1969, rencontra le général Franco. Il lui déclara : En fait, vous avez fait œuvre utile, vous avez sauvé l’Espagne du communisme.

Le général de Gaulle voulait peut-être seulement dire quelque chose de poli, mais exprimait sans doute aussi une partie de sa pensée.

Franco mourut en novembre 1975. Comme il l'avait décidé depuis plus de 20 ans, après sa mort, la monarchie fut réinstallée (en droit, elle n'était pas abolie) et Juan Carlos fut nommé roi d'Espagne. Il commença le processus de transition démocratique.

 

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 Visite privée du général De Gaulle au général Franco en juin 1970.

 Capture d'écran d'un reportage d'actualités espagnol.

 Filmoteca espanola.

 http://www.rtve.es/filmoteca/no-do/not-1432/1486510/

 

 

 

 

 Enfin il n'est pas sans intérêt de noter qu'en 2015 on a célébré le 60 ème anniversaire de l'adhésion de l'Espagne à l'ONU.

A cette occasion, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon  a présidé une petite cérémonie à Madrid en présence du roi et de la reine d'Espagne, et a noté qu'en adhérant à l'ONU en 1955, l'Espagne s'était éloignée de la dictature.

 

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20 octobre 2015, cérémonie pour le 60ème anniversaire de l'adhésion de l'Espagne  à l'ONU. Discours du secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon 

Selon le site des Nations-Unies :

« L'esprit espagnol tourné vers l'engagement international l'a emporté sur la guerre et la dictature lorsque l'Espagne a rejoint les Nations Unies il y a 60 ans », a salué M. Ban lors d'une cérémonie organisée à Madrid en l'honneur de l'adhésion du pays à l'ONU en 1955, en présence du roi Felipe VI et de la reine Letizia.

http://static.un.org/News/dh/photos/large/2015/October/SG-Spain-web.jpg

 

 

 

 

 

 

LES OCCIDENTAUX ET LE DOCTEUR SALAZAR

 

 

 

 

 

 

Le Portugal du Dr António de Oliveira Salazar (il était docteur en droit et économie, et on le désignait fréquemment ainsi) nous parait une dictature de droite (à juste titre, même si le mot fasciste serait là encore inadéquat pour caractériser le régime).

Le Dr Salazar n’avait pas grand chose à voir avec un dictateur comme on l’imagine : il vivait modestement, dans une petite maison avec seulement deux sentinelles. C’était un universitaire catholique, fortement influencé par la doctrine sociale de l'Eglise, devenu chef de gouvernement mais continuant à mener une vie retirée.

 Nommé en 1928 ministre de l'économie par la dictature militaire en place à l'époque, Salazar avait opéré un spectaculaire redressement économique en une seule année.

En 1930 il est président du conseil des ministres et le reste jusquen 1968. Il fait voter une nouvelle constitution (1933) qui donne tous pouvoirs au gouvernement (le parlement n'est que consultatif). Il crée un parti unique, l'Union nationale. Le président de la république est élu par la population, mais il est fréquent que seul le candidat du pouvoir soit autorisé à se présenter. L'Estado novo (Etat nouveau) de Salazar est un Etat limité, contrairement à l'Etat omniprésent des régimes faciste ou hitlérien :

" Dans la doctrine de Salazar, l’État a vocation à protéger et servir d'arbitre à une économie organisée sur le principe du corporatisme" (Wikipedia, article Salazar).

Mais l'Etat salazariste interdisant toute opposition, sera aussi un état policier; la police politique (la PIDE à partir de 1945) sera tout-puissante.

" Proche mais toutefois différent du régime fasciste italien, la rupture révolutionnaire prônée par le fascisme laisse place, au Portugal, à la conservation des structures historiques, à l'absence d'ambition d'expansion territoriale (tempéré toutefois par la défense des territoires d'outre-mer) et la vision naturelle de l'Homme typiquement conservatrice, contrairement à la volonté du fascisme de créer un « Homme nouveau " (Wikipedia, article Estado novo).

 

 

Durant la seconde guerre mondiale, le Portugal (officiellement neutre) resta ce qu’il était depuis longtemps : un quasi protectorat britannique dont la neutralité était favorable aux Alliés. Les puissances occidentales n’eurent donc aucune raison de vouloir mettre fin au régime de Salazar.

 

Le Dr Salazar était prêt  à suive ses alliés britanniques dans la guerre s’ils faisaient appel à lui (tout en souhaitant ne pas en venir là, car il avait conscience que se mêler des affaires européennes avait toujours été désastreux pour le Portugal), mais les Anglais estimaient suffisant que le Portugal reste neutre.

 

En 1940, l’université d’Oxford conféra au Dr Salazar le titre de docteur honoris causa.

Churchill écrivit au Dr Salazar en septembre1940 sur la guerre en cours  : «  as so often before during the many centuries of the Anglo-Portuguese alliance, British and Portuguese interests are identical on this vital question » (comme si souvent durant les nombreux siècles de l’alliance anglo-portugaise, les intérêts britanniques et portugais sont identiques dans cette question vitale ».

 Lorsqu’en 1943 les Américains voulurent disposer d’une base aérienne aux Açores (possession portugaise) pour leurs opérations, Salazar ne fit aucune difficulté pour leur donner satisfaction.

 Les diplomates britanniques et américains affirmèrent que Salazar détestait le nazisme, qu'il trouvait (à juste titre !) aux antipodes du christianisme.

Le Portugal accueillit un nombre considérable de réfugiés (notamment juifs) durant la guerre). Les diplomates portugais délivrèrent un grand nombre de visas.

 

A ce sujet on a beaucoup insisté sur le cas du consul De Sousa Mendes à Bordeaux et on a voulu montrer qu’il avait agi contre les ordres de son gouvernement et avait été sanctionné pour cela – ce qui tendrait  à montrer que le gouvernement de Salazar s’alignait sur les politiques nazies.

Or, d’une part, aucune législation antisémite n’a jamais été mise en place au Portugal ; d’autre part il est exact que De Sousa Mendes a été rappelé au Portugal pour s’expliquer sur les visas qu’il avait délivrés en grand nombre et sans tenir compte des règles. Selon certaines sources il ne fut ni exclu de l’administration, ni rétrogradé et continua à percevoir son traitement jusqu’à sa retraite.

En tout état de cause, de nombreux autres diplomates agirent de même, sans être réprimandés.

 

Si De Sousa eut quelques ennuis avec sa hiérarchie, cela tenait peut-être aux rumeurs (émises par le consulat britannique !) selon lesquelles il se faisait payer (mais il semble qu’il s’agissait de défraiement pour des frais réels) et au caractère massif et clairement irrégulier des visas délivrés. Enfin De Sousa avait agi en mai-juin 1940, au moment de la défaite française, soit avant le véritable déclenchement des persécutions.

Lorsqu’il fut évident, partout en Europe occupée, que les nazis traquaient les juifs, les diplomates portugais firent leur possible pour  venir en aide à ces derniers et plus largement aux opposants au nazisme, sans rencontrer d’obstacle de leur gouvernement. Ce fut  notamment le cas de Garrido, ambassadeur en Hongrie au moment de la grande persécution des Juifs en 1944, qui mérita pour son action le titre de Juste parmi les Nations.

 

On estime le nombre de réfugiés au Portugal durant la guerre dans une fourchette allant de quelques centaines de milliers à un million , à comparer avec la population (6 millions).

 

 

 

Après la guerre, le Portugal devint membre de l’OTAN dès la création de l'organisation en 1949. Il entra toutefois à l'ONU seulement en 1955.

En1960 le président américain Eisenhower rendit visite au Dr Salazar.

L'alliance et la protection américaine remplacèrent la vieille alliance anglo-britannique.

 

Néanmoins l'absence d'évolution du régime, hormis quelques mesures autorisant une discrète opposition, isolèrent le Portugal sur la scène internationale.

En 1958 un candidat d'opposition, le général Delgado, se présenta contre le candidat de Salazar aux élections présidentielles (Salazar n'exerçait pas les fonctions de président de la république, qu'il laissait à des fidèles). Delgado fut obligé de s'exiler à l'étranger et son assassinat en Espagne en 1965 jeta encore plus de suspicion sur les méthodes salazaristes.

La devise du pays sous le régime salazariste est  Deus, Pátria e Familia (Dieu, patrie et Famille). En ironisant, on dira que la vraie devise du pays est  Fado, Fátima et Football (le fado, chanson mélancolique typique du Portugal, Fátima, lieu d'apparition de la Vierge).

Le gouvernement portugais refusa l'évolution des colonies portugaise d'Afrique, l’Angola et le Mozambique, vers l'indépendance (préférant leur accorder un statut de province portugaise en s'efforçant d'agir pour leur développement). Il s'ensuivit une longue guerre avec les mouvements de libération de ces pays, de tendance marxiste, ce qui permettait encore au Portugal d'être aidé par les USA au titre de la lutte anticommuniste.

 

 António-Salazar-Dwight-Eisenhower

António de Oliveira Salazar (au centre) accueille le président américain Dwight D. Eisenhower à Lisbonne, mai 1960 (photo du magazine Life).

Atlantic Sentinel

http://atlanticsentinel.com/2015/05/between-switzerland-and-salazar-rethinking-american-foreign-policy/

 

 

 Le Portugal demanda à entrer en 1962 dans ce qu'on appelait le Marché commun (CEE, Communauté économique européenne) mais cette admission n'aura lieu que bien après, en 1982.

Salazar fut frappé par un accident vasculaire cérébral en 1968, puis mourut en 1970. A partir de 1968, son successeur, Caetano, essaya de limiter la démocratisation du régime au strict minimum mais ne put se maintenir.

Ebranlé par la perte des colonies portugaises d’Afrique après une guerre impopulaire, le régime s’effondra lors de la révolution pacifique "des œillets" (1974), initiée paradoxalement par l'armée, qui rétablit la démocratie.

 

Lors d'un sondage en 2007, le Dr Salazar a été choisi comme le plus grand homme de l’histoire portugaise par une majorité relative de sondés.

 

 

 

 Salazar with Queen Elizabeth II

 La reine Elizabeth avec le Dr Salazar lors de la visite au Portugal de la souveraine britannique, en 1957. Le Portugal était un allié historique de la Grande-Bretagne et fut toujours fidèle à cette alliance.

 

http://durrutilog.blogspot.fr/2007/03/salazar-elected-greatest-portuguese-of.html